[Cannes 2017] Good Time de Benny et Josh Safdie

Compétition officielle

Inutile de dire que le titre du film fut l’objet de nombreuses railleries. « Alors, devant ce film tu as passé un Good Time ? ». Non seulement ce n’est pas drôle, ni fait, ni à faire, mais en plus, c’est d’office oublier qu’avant tout, le film des frères Safdie est l’une des grandes réussites de cette 70e édition, sorte d’After Hours moderne.


Nick Nikas (interprété par Ben Safdie), souffrant de capacités mentales moins importantes que la moyenne, est arrêté par la police suite à un braquage raté avec son frère, Connie (Robert Pattinson). Ce dernier va tout faire pour le libérer. Inutile de dire que la nuit sera agitée pour lui. D’une maîtrise absolue – à la fois technique et narrative, les frères Safdie nous font parcourir le long chemin vers l’enfer, le chaos, la destruction, pavé par des rêves brisés, des familles déçues, une violence omniprésente. Personnage d’une grande richesse, Robert Pattinson trouve ici l’un de ses meilleurs rôles – celui d’un homme prêt à tout pour faire libérer son frère, continuellement confronté à la propre spirale qu’il construit lui-même. On ne s’étalera pas ici sur les qualités de son jeu d’acteur dans la mesure où il s’était en fait déjà illustré pour d’autres rôles de grande qualité notamment chez David Cronenberg (en 2012 et 2014) ou chez James Gray cette année. On ne niera donc pas qu’il était temps que l’on considère unanimement qu’il s’agissait bien d’un grand acteur.


La photographie, elle, est remarquable : des lumières étudiées pour construire une ambiance anxiogène et surexcitée du New York nocturne. Les couleurs sont vives, par une nuit noire dans laquelle on ne sort jamais totalement. La qualité du montage aussi doit être souligné
e – sec et efficace, servant ainsi une mise en scène précise et intelligente. La musique de Oneohtrix Point Never marque elle aussi le rythme dont bénéficie le film. En fait, l’excellence de la mise en scène fait de Good Time un objet plastiquement irréprochable. Mais comme pour The Neon Demon (2016) auquel il pourrait être tenté de le comparer par moment (malgré les évidentes différences entre les deux), il s’avère décevant que le fond, le propos, soit sacrifié sur l’autel de l’imagerie cinématographique.

Le film sortira en France le 11 octobre 2017. Il a reçu le prix du meilleur compositeur – Cannes Soundtrack.

Auteur : Lucas NUNES DE CARVALHO

Rédacteur en chef - blog "Le film jeune lyonnais".

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