[Cannes 2017] How to Talk to Girls at Parties de John Cameron Mitchell

Hors-compétition

Si le nom de John Cameron Mitchell ne vous dit rien, c’est que vous n’avez vu ni Hedwig and the Angry Inch, sorti en 2001 dans lequel le réalisateur lui-même jouait le rôle d’un rockeur trans-sexuel ou le très sulfureux Shortbus, présenté à Cannes en 2006, très remarqué à cause de ses scènes de sexe non simulées. Et il nous semblait important de vous en rappeler l’existence pour aborder son nouveau film, présenté en hors-compétition à Cannes : How To Talks to Girls at Parties, réunissant notamment Elle Fanning (SomewhereThe Neon Demon,…) et Nicole Kidman (faut-il la présenter?), et dans lequel il continue son étude quasi-anthropologique de la sexualité.

L’enjeu du film était en effet (comme dans ses autres films) de parler directement à la jeunesse – de manière moins polémique ici – en opposant dans l’Angleterre des années 1970 les mouvements punk et… des extraterrestres. Enn (Alex Sharp) n’est qu’un adolescent à tendance punk ordinaire de son époque, écoutant Sex Pistols, qui découvre une nuit avec des amis une maison remplie d’êtres mystérieux. Parmi eux, la jeune Zan (Elle Fanning) décide de fuir avec lui. Les personnages de Zan et de Enn sont d’ailleurs construits, malgré les apparences, de la même manière : ils refusent l’autorité venant d’une personne leur étant supérieure. Autrement dit, ils cherchent à s’émanciper de cette cellule « parentale » (le personnage de Zan n’ayant pas véritablement de parents à proprement parler) et cela passe par une histoire d’amour entre eux. De la même manière, toute une découverte de la sexualité est associée aux extraterrestres et aux punks. Les premiers traumatisent d’ailleurs l’un des personnages principaux en lui faisant découvrir le plaisir rectal et on peut voir Elle Fanning embrasser une autre fille durant une scène de concert punk.

La musique punk est d’ailleurs aussi caractéristique d’une recherche esthétique de cette émancipation : la baisse de la fréquence d’images dans la scène introductive revient à parler de cette jeunesse qui se croit tout permis, comme de jeter des détritus sur un mur avec inscrit de ne « rien jeter ici ». On soulignera aussi la qualité du travail de la célèbre costumière Sandy Powell (ayant travaillé pour Scorsese notamment), qui propose des tenues d’extraterrestres colorées et farfelues remarquablement applaudies dans le Grand Théâtre Lumière de Cannes. Un film que l’on ne peut que vous conseiller fortement, malgré une fin en demi-teinte (qu’on ne spoilera pas ici). Oh, et Nicole Kidman en chanteuse punk, même si c’est aberrant, ça a le mérite de rester quelque chose de saisissant.

NB : le film n’est pas au format 4/3 comme la bande annonce le suggère.

Le film n’a pas encore de date de sortie en France.

Auteur : Lucas NUNES DE CARVALHO

Rédacteur en chef - blog "Le film jeune lyonnais".

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