[Lumière 2017] Hola, Guillermo ! (Jour 1)

Une année qui promet énormément, à l’évidence. Cette fois, c’est Wong Kar-wai qui recevra le prix Lumière, après les illustres Tarantino, Almodovar, Scorsese et enfin Deneuve l’année dernière. On en attend beaucoup, d’autant plus que les autres invités de cette 9e édition sont tout autant remarquables : Del Toro, Mann, Friedkin, Kurys… !

Cette première journée était intégralement consacrée pour nous à l’immense Guillermo del Toro. Il était d’autant plus admirable qu’il vienne présenter La tête contre les murs de Georges Franju, le premier film de celui-ci, quand quelques heures plus tard il reviendra présenter certains de ses films dans le cadre de la nuit qui lui est dédiée.

La Tête contre les murs, donc, date de 1959. Film imparfait sans doute, il s’agit malgré tout d’une première œuvre remarquable dans le paysage français de l’époque. Une ébauche d’un Les Yeux sans visages, qu’il réalisera l’année suivante. Certaines scènes du film évoquent ainsi très clairement l’univers fantastique qui sera la marque de fabrique du réalisateur : un travail sonore et musical remarquable, renforçant par des jeux d’opposition des scènes suscitant un certain malaise. Au-delà, certains jeux de symboliques sont déjà présents dans ce film : les colombes, ici en cage, le médecin ayant une sorte d’influence quasi-religieuse sur son environnement… Mémorable en tout cas sont les prestations d’Aznavour (invité surprise du festival) et de Paul Meurisse !

Ce n’est d’ailleurs pas si surprenant que Del Toro ait choisi ce film dans sa carte blanche. On constate un véritable lien thématique entre ses films et celui-ci. Cette réflexion autour de la désobéissance vis-à-vis de l’autorité s’avère ainsi récurrente. Dans Le Labyrinthe de Pan (2006), ainsi, c’est autant la jeune fille qui désobéit au père adoptif que les rebelles qui désobéissent aux soldats de Franco et à son régime. Dans Hellboy (2004), il est obligé de désobéir à l’autorité (le FBI), s’échapper, pour pouvoir essayer de lui aussi mener une vie normale. Il existe aussi le motif de l’opposition à une autorité fondatrice : celle des parents. Hellboy comme la jeune Ofélie sont en affrontement permanent avec leurs parents, comme le personnage principal du film de Franju. Puisqu’on vous dit que tout est lié !

Auteur : Lucas NUNES DE CARVALHO

Rédacteur en chef - blog "Le film jeune lyonnais".

1 réflexion sur « [Lumière 2017] Hola, Guillermo ! (Jour 1) »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *