Clermont 2019 – Le cinéma comme bien commun ?

L’association LYF se rend cette année au Festival International du court-métrage de Clermont-Ferrand et à cette occasion en couvrira quelques moments forts. L’ouverture du Festival, en fin de journée le vendredi 1er février, dans une ambiance bon enfant au ton résolument engagé. L’ère du temps et l’actualité planait en effet sur le discours introductif de Jean-Claude Saurel (président de Sauve qui peut le court-métrage, organisant la manifestation). Plus qu’une allusion aux gilets jaunes et aux manifestations violentes qui marquent la France depuis plusieurs mois, il s’agissait pour lui de rappeler le militantisme historique d’un festival quarantenaire. Parler de bien commun à propos d’un festival de court-métrage en replaçant le cinéma, les arts et la culture au centre de la société semble être ainsi le principe directeur essentiel qu’il lui fallait rappeler. Parler de classes sociales, d’accès facilité à la culture, permettre l’accès à tous aux séances et de mélanger professionnels et publics est ainsi non seulement une partie de leur ADN mais peut être un peu plus, aussi un souhait pour une société de demain.

Après l’habituelle présentation de la programmation et du jury, une première projection a été l’occasion de découvrir le travail de certains des membres des jurys du 41e Festival de Clermont Ferrand. Ainsi, ce fut l’occasion de découvrir Rebirth is Necessary (2017), documentaire expérimental de Jenn Nkiru. Fondé à partir d’une esthétique complexe et protéiforme (changement régulier de cadre, d’univers, d’esthétiques pendant les onze minutes de film), le projet cherche à évoquer une prise de conscience (ou de retour à la conscience?) de l’identité afro-descendante (association de citations, de figures, de motifs lié à cette thématique). Le film avait reçu le prix du meilleur film de la sélection Labo l’année dernière. On pourrait aussi citer la douceur de L’invité (2010), film coréen de Yoon Ga-eun, grand prix international 2011 du Festival – dans lequel une jeune adolescente débarque chez l’amante de son père et y rencontre ses deux enfants. Derrière cette douceur justement, un propos complexe sur la famille, la reconstruction, la place des enfants dans celle-ci – une douleur profonde et touchante à partir d’un regard voyeur (on observe, comme l’adolescente, dans l’entrebâillement des portes). Enfin, citons la projection de Les Lézards de Vincent Mariette – dont le premier long-métrage Les Fauves vient de sortir. Vincent Macaigne est un génie si vous en doutiez, et sa manière d’évoquer une profonde mélancolie dans un regard, dans un ton, dissimulé dans la coquille d’un loser en puissance.

Auteur : Lucas NUNES DE CARVALHO

Vice-président de l'association LYF - Le Film Jeune de Lyon, responsable éditorial du blog "Le Film Jeune Lyonnais" et en charge du développement culturel

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