Clermont 2019 – Le court métrage, un art à part

L’association LYF était à Clermont-Ferrand à l’occasion du festival du court métrage. J’ai eu la chance d’y être ! C’était une grande première pour moi. Pour dire vrai, je ne suis pas un expert en cinéma comme les autres illustres auteurs dont les critiques abondent ici même. Pourquoi alors, malgré mon ignorance relative du cinéma, suis-je parti à Clermont dans l’antre international du court métrage ? C’est l’envie de découvrir un art méconnu et intriguant, certainement trop sous-estimé. Mais c’est aussi l’envie de passer de très bons moments amicaux ou cinématographiques qui m’a poussé à partir.

Le moins que je puisse dire est que je ne regrette pas ma curiosité. Les courts métrages ont eu une réelle faculté à me transporter, me faire voyager, dans le passé, dans l’irréel, sur un autre continent, me projeter avec force dans une nature parfois hostile parfois magnifique et surtout me faire rêver. Pendant une séance de projection, il n’est pas rare de passer du rire aux larmes, de la joie à la tristesse, de la haine d’un personnage à l’empathie d’un autre. C’est d’ailleurs ce que montre parfaitement la bande annonce du festival, qui fête cette année sa 41ème édition. Elle condense parfaitement toutes ces émotions à un rythme particulièrement efficace, un aperçu de toute la richesse que cache cet art à part.

Mes coups de cœur

Le vendredi soir de notre arrivée, nous avons eu la chance d’assister à la deuxième séance d’ouverture, et outre la présentation des jurés, 6 courts métrages nous étaient projetés dans la magnifique salle Cocteau de la Maison de la Culture. Parmi ces 6 courts métrages, c’est L’accordeur (2010) d’Olivier Treiner qui m’a le plus marqué. Il nous était proposé de suivre en audio-description – grâce au travail de l’Institut national des jeunes aveugles et des élèves du lycée Saint-Nicolas de Paris VIe – la journée d’un accordeur de pianos (Grégoire Leprince-Ringuet) se faisant passer pour aveugle. Une expérience unique à vivre, qui met à l’épreuve notre imagination et surtout l’envie de relever le masque qui vous obstrue la vue.

Mais aussi Cerdita ou La Truie (2018) de Carlota Pereda, concourant dans la compétition internationale, qui dénonce avec vigueur le harcèlement subi par Sara (Laura Galán), adolescente obèse, que l’on suit le temps d’une chaude après-midi. Un groupe de jeunes s’en prennent à son physique à coup d’épuisette de piscine. Il y a tout au long du court métrage un effort de mise en relief de la grande solitude et la terrible détresse dont est victime la jeune fille. La morale ? Une des harceleuses finit ensanglantée à l’arrière de la camionnette d’un cinquantenaire chauve, pas vraiment chaleureux, laissant peu de doutes quant à son devenir…

Enfin, pour l’originalité, Tantale (2016) de Gilles Porte, un court métrage interactif où c’est la salle qui choisit le scénario en fonction de son vote. Sur fond de corruption du Comité International Olympique, les spectateurs décident des actions d’Henri Laborde (François Marthouret) dans le but d’obtenir la tenue des Jeux Olympiques à Paris. En concurrence avec l’Inde, les deux pays se livrent à une bataille peu éthique d’achats de votes. Toutes les projections sont différentes et vous pouvez vous aussi tenter l’expérience seul en cliquant ici !

Vous voyez bien que ces trois courts métrages n’ont a priori pas grand chose en commun, si ce n’est leur format. Un format fortement plaisant qui par sa longueur et son rythme tient votre attention du début à la fin. Le style renferme une incroyable variété et il y en pour tous les goûts : des dessins animés aux court-métrages expérimentaux en passant pas les documentaires ou les ballades musicales.

Thomas Doucet, association LYF

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