Fête du Court Métrage 2020 – Nos coups de cœur

Alors qu’elle devait se dérouler à Lyon et dans toute la France du 25 au 31 mars dernier, la Fête du court-métrage a été contrainte à la dernière minute de s’adapter. Par l’intermédiaire d’une plateforme à télécharger, il était ainsi possible de découvrir des programmes de films gratuitement depuis chez soi. Nous ne pouvions pas résister à l’idée de vous faire part de nos coups de cœur de cette fête aussi inattendue que réussie.

Pauline asservie (réalisation : Charline Bourgeois-Tacquet)

Pauline asservie, c’est Pauline qui est… asservie, par l’amour et par cette relation qu’elle entretient avec cet homme marié qui ne répond pas à ses SMS. Pauline cherche sans cesse une raison plausible à ce silence, qu’elle ne trouve guère. Le film est une réflexion sur le sentiment amoureux et les réactions qui peuvent nous sembler absurdes quand on les voit chez quelqu’un d’autre, mais existentielles lorsque l’on est plongé dedans. Pauline est asservie par cet homme que l’on ne verra pas du film, et elle s’enferme, passe à côté de son séjour qui aurait dû être reposant à la campagne, passe à côté de bons moments avec son amie qu’elle a invitée. Ne devenant rien d’autre qu’angoisse de l’absence de l’être aimé, elle finit par décider de laisser tomber…. mais chassez le naturel, il revient au galop.

Pile poil (réalisation : Yvonnick Muller et Lauriane Escaffre)

Élodie aide régulièrement son père qui travaille à la boucherie, il aimerait qu’elle le fasse davantage. Seulement voilà, dans quelques jours, elle passe son CAP esthétique, et elle ne trouve pas de modèle qui a des poils, et sans modèle, elle ne pourra pas se présenter à l’examen. Pile poil a cet atout de mettre en lumière la relation père-fille. Élodie et son père ont des difficultés à se parler, à se dire les choses, et pourtant, leur relation est très forte. Le ton humoristique du film s’articule très bien avec la trame de fond et la personnalité des personnages, pourtant complexe. C’est une belle histoire de famille, touchante, qui émouvra autant qu’elle amusera le spectateur.
A voir sur My French Film Festival

Max (réalisation : Florence Hugues)

Max, c’est une jeune femme en stage dans un garage. Elle fait un travail remarquable, et souhaite de tout cœur être embauchée à la suite de sa formation. Cependant, un obstacle de taille se met sur son chemin : son genre. Les clients, le futur repreneur du garage, demeurent dans les préjugés : comment une fille pourrait-elle réparer un véhicule aussi bien qu’un garçon ? Malgré le soutien d’un de ses collègues de travail, le groupe est divisé, et la question se posera à l’issue de son stage : le genre ou les compétences ? Le court-métrage met en lumière la discrimination par le genre, sujet d’actualité, et le fait avec brio : on ne tombe pas dans le cliché, le récit est bien mené, le jeu apprécié.

Clean with me (after dark) (réalisation : Gabrielle Stemmer)

Un écran d’ordinateur, Youtube, et des vidéos de femmes qui se filment en train de faire du ménage. C’est ainsi que Clean with me (after dark) commence. Ces vidéos se multiplient de manière exponentielle sur internet, cherchant à « donner envie » à leur spectateur de faire de même. Elles se révèlent symptomatiques d’une société souffrante de l’omniprésence de l’image des autres, plus beaux, plus riches, plus fit, dont la maison est plus belle, plus propre, plus grande, mieux rangée. De fil en aiguille, on passe de Youtube à Instagram, sur le profil d’une de ces « influenceuses » du ménage, et on déchante : elle souffre d’une importante anxiété. Puis, d’autres femmes, même chose. Derrière l’image de fée du logis, qui se détend grâce au ménage, une réalité toute autre : des femmes seules, qui élèvent leurs enfants seules, font toutes les tâches domestiques seules, et se sentent… seules. L’envers du décor de ces vidéastes du net, mis en lumière avec brio par la réalisatrice.

Selfies (réalisation : Claudius Gentinetta)

Selfies est un film « choc » : en 4 minutes, une ribambelles de selfies, retravaillés de façon artistiques, reflet de notre société malade de l’apparence. Tout comme Clean with me (after dark), le réalisateur nous met face à un phénomène aussi fort que malsain. Les selfies, de plus en plus lourds à supporter, nous font éclater au visage « une génération du je fais un selfie donc je suis », comme le souligne le réalisateur. Le court-métrage permet une réflexion, sans être moralisateur, sur l’usage de nos téléphones et de leurs appareils photos lorsque les moments que nous vivons peuvent simplement être vécus.
A voir sur Arte

All inclusive (réalisation : Corina Schwingruber Ilic)

Un énorme paquebot qui avance sur les flots, c’est le point de départ du documentaire. Une croisière, avec du fun 24/24. Du monde, de la musique, des soirées, bienvenue dans le tourisme de masse. Pas de voix-off, des plans léchés, le documentaire montre sans forcer à l’interprétation. Des personnes qui s’amusent dans la masse, d’autres qui s’éloignent et se retrouvent « seules », chacun semble y trouver son compte : après tout, la croisière est all inclusive. Ce film a cette force, comme pour Selfies, de ne pas avoir à ajouter des mots pour susciter une réaction chez le spectateur. Qu’on soit ami ou ennemi de la croisière, All inclusive ne vous laissera pas indifférent.
A voir sur MyCanal 

La Fête du court-métrage 2020 a eu lieu du 25 au 31 mars.

Auteur : Roxanne Tour

Étudiante lyonnaise, membre de l'association LYF - Le Film Jeune de Lyon

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