Découvrez la critique de SOYEZ SYMPAS, REMBOBINEZ de Zoé RONCO, lauréate du concours de critiques 2020

L’association LYF a organisé pour la troisième année consécutive un concours de critiques ouvert à tous les jeunes de moins 28 ans et permettant à l’un d’entre eux d’intégrer le jury du prochain Festival du Film Jeune de Lyon. Le thème imposé était Planète et cinéma. Découvrez ci-dessous le texte de la lauréate de cette année, Zoé RONCO, sur le film Soyez sympas, rembobinez (Be Kind Rewind, 2008) de Michel Gondry.

Lorsque j’ai vu le thème « Planète et cinéma » , j’ai instantanément pensé à « Be Kind Rewind » de Michel Gondry, un film sorti en 2008.

L’une des thématiques traitée par ce film est sans aucun doute le cinéma : Gondry narre l’histoire d’une boutique de VHS menacée par la modernisation de l’industrie cinématographique incarnée par le DVD. Pour lutter contre la fermeture du magasin, les jeunes employés se lancent dans une suite de tournages parodiques et déjantés, jusqu’au jour où ils décident de réaliser un film original avec tous les habitants de Passaic. « Be kind rewind » s’ouvre et s’achève sur les plans de ce film, créé dans l’union et l’harmonie. Cette narration construite en anaplodiplose évoque la forme circulaire d’une planète : sa rondeur et sa douceur. Tout comme la planète Terre, « Be kind rewind » est un film qui comprend les hommes en son cœur.

Dans dans le gigantesque univers de la réalité, c’est dans une petite planète mystérieuse et construite par l’homme de toute pièce – la planète Cinéma – que le réalisateur Michel Gondry met en scène sa créativité et son amour pour l’art. Dans ce monde utopique et poétique, les têtes des enfants sont des notes de musique quand des mains noires et blanches s’embrassent pour remplacer les touches d’un piano délabré. « Be kind rewind » est cette planète ronde et harmonieuse, à la fois pleinement inscrite dans l’univers de la réalité et complètement recluse sur elle-même, rythmée par l’imagination des artistes.

Et si la planète était une métaphore du cinéma ? Le cinéma serait cet univers rond qui rassemble les regards, dans lequel chacun, assis dans une salle obscure, observerait une même lumière. À mes yeux, la relation entre planète et cinéma prend tout son sens grâce à la scène finale de « Be kind rewind » : dans la boutique de VHS, toute l’équipe du film projette son œuvre. Les images défilent sur un rideau blanc attaché à une grande vitrine. Un travelling circulaire nous emporte de l’autre côté du voile, à l’extérieur, là où les habitants de la ville, debout, sont eux aussi fascinés par les images illuminant la façade.

« Be kind rewind », c’est aussi l’histoire de regards unis par le cinéma et pour le cinéma.

Au cinéma tout est question de regard, et j’irai jusqu’à parler d’union des regards, comme le montrent tous les gros plans sur les visages émerveillés des spectateurs face à leur création.

La rondeur de la planète m’évoque le regard de l’homme, essentiel à la création artistique, lui-même plongé dans l’œil de l’objectif de la caméra. Du tournage jusqu’à la projection il s’agit de voir, de capturer à travers un objectif ou à travers ses yeux. La planète au cinéma c’est ce cercle paradoxal, à la fois œil qui regarde et objectif qui capture.

Débarquer sur une nouvelle planète c’est voyager, et se rendre sur la planète Cinéma c’est découvrir un microcosme où créativité, liberté et utopie sont, entre autres, les bienvenues.

Le Festival du Film Jeune de Lyon aura lieu du 18 septembre au 2 octobre 2020. Plus d’informations disponible sur le site de l’association.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *