Les Parfums – Une légère note d’herbe coupée

Histoire d’une rencontre improbable, Les Parfums de Grégory Magne narre la rencontre entre un chauffeur en proie à des difficultés familiales, Guillaume Favre (interprété par Grégory Montel) et d’un célébrité de la parfumerie, Anne Walberg (Emmanuelle Devos). L’intrigue démarre assez simplement : Guillaume doit à tout prix conserver son travail s’il veut déménager et obtenir la garde alternée de sa fille unique, Léa. Son patron l’envoie conduire une cliente difficile qui a déjà renvoyé plusieurs chauffeurs, qui n’est autre que Mademoiselle Walberg. De cette rencontre improbable découlera le cheminement des personnages vers le « meilleur » d’eux-mêmes.

Pour son deuxième long métrage, Grégory Magne a bien choisi son casting. Guillaume Favre colle à la peau de Grégory Montel, certains traits de son caractère rappelant Gabriel, l’agent artistique qu’il incarne dans la série Dix pour cent. Dans les deux cas, c’est un homme maladroitement touchant, à qui chacun peut s’identifier par sa simplicité et son naturel. Emmanuelle Devos interprète magnifiquement cette femme froide, secrète mais aussi sensible, dont le don l’oblige à conserver un mode de vie parallèle, décalé du commun des mortels.

Quoi qu’il en soit, les deux personnages se complètent et se subliment, s’élèvent au fur et à mesure de leur rencontre. On pense notamment à un judicieux choix de cadrage, où lors d’une course nocturne, Anne Walberg confie une partie assez douloureuse de son histoire, celle où elle a perdu son nez, et de fait une certaine partie de sa renommée. Les personnages sont alors filmés au plus près, dans cette voiture, permettant ainsi au spectateur d’entrer dans l’intimité du moment.

Grégory Magne parvient à filmer l’odeur, et à réveiller notre nez. Voyage olfactif sur un fond de relation timorée et maladroite père/fille souvent lacunaire à l’écran, le long métrage fait du bien : les personnages s’élèvent, s’apportent ouverture et maturité. Anne s’ouvre et parvient à s’affirmer, Guillaume prend confiance en lui. Les parfums, c’est une rencontre d’une heure quarante qui fonctionne, légère et émouvante, qui fait du bien et ravive l’odorat, un film que l’on aime voir en été, lorsque l’on retrouve les salles obscures après 3 mois de fermeture.

Les Parfums de Grégory Magne, avec E. Devos, G. Montel, G. Kervern. Sorti en salles le 1er juillet 2020.

Auteur : Roxanne Tour

Étudiante lyonnaise, membre de l'association LYF - Le Film Jeune de Lyon

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