Clermont 2019 – La véhémence du court-métrage

Il est l’un des plus grand festival de court-métrage du monde. Du 1er au 9 février, Clermont-Ferrand nous a ouvert les portes de ses nombreuses salles, pour découvrir et mettre en avant ce domaine du cinéma si peu médiatisé. C’est grâce au LYF que nous avons pu, pour ma part pour la première fois, vivre l’euphorie d’un festival durant un week-end. Il était certain que nous allions découvrir des chefs-d’oeuvres, mais autant de pépites cinématographiques, c’était inattendu. Notre avis sur le cinéma reste subjectif et même si certains courts-métrages touchent moins, d’autres resteront gravés dans nos mémoires. C’est de ceux-là dont je vais parler.

Vendredi soir, 22h30, salle Cocteau pour la séance d’ouverture. Les organisateurs distribuent à chaque spectateur des masques de nuit. C’était sûrement l’expérience la plus enrichissante du festival et c’est grâce au réalisateur, Olivier Treiner, que nous l’avons vécue. Le cinéma, pense-t-on, c’est avant tout des images, et bien pas que… Nous mettons alors nos masques et découvrons le cinéma en audio-description, comme un malvoyant pourrait le ressentir, en audio-description. L’accordeur, c’est le récit et l’unique point de vue d’Adrien, accordeur de piano se faisant passer pour aveugle. Et c’est ce qu’il n’est pas censé voir qui nous est décrit. On se concentre alors uniquement sur les sons, sur un cri, et c’est ainsi qu’on comprend qu’Adrien est témoin d’une chose qu’il aurait préféré ne jamais voir. Continuer la lecture de « Clermont 2019 – La véhémence du court-métrage »

L’homme fidèle – Un triangle amoureux

C’est après trois ans de relation amoureuse que Marianne (Laetitia Casta) annonce à Abel (Louis Garrel) qu’elle est enceinte. Une heureuse nouvelle qui devient rapidement catastrophique. Le père est Paul, son meilleur ami, et avec qui elle va se marier dans les jours qui viennent. Marianne l’annonce d’une douceur cruelle, presque sadiquement, stupéfiante. La réaction d’Abel sera d’autant plus surprenante, qu’il ne laisse paraître que de la surprise, sans une once de colère envers la femme qu’il aime, il a tout d’un homme passif. C’est ainsi que le mini thriller, le mini Hitchcock, commence.

Dix années plus tard, nous retrouvons Marianne, Joseph son enfant, et Abel, tous réunis pour l’enterrement de Paul. C’est tout naturellement qu’Abel veut reconquérir le cœur de son ancienne amante. Paul s’était glissé entre eux, mais à présent c’est Joseph. Le petit détective va faire passer sa mère pour une maîtresse assassine, pour qu’Abel s’en éloigne. C’est ainsi qu’avec son petit visage d’ange, l’enfant chuchote à l’oreille d’Abel « papa, c’est maman qui l’a tué ». Mais qui Abel devait-il croire ? Son ancienne compagne qui l’avait trompé ou un petit garçon de dix ans ? Puis vient se greffer un nouveau personnage, la jeune Eve (Lilly-Rose Depp), à peine majeure, folle amoureuse d’Abel et sœur du défunt Paul. Un triangle amoureux, comme il y a dix ans. Une alliance entre Eve et Joseph va se nouer pour avoir le monopole sur, pour l’une, son amour et l’autre, sa mère. Continuer la lecture de « L’homme fidèle – Un triangle amoureux »

Bienvenue à Marwen – La thérapie par l’imaginaire

C’est parce qu’il a été victime d’une agression que Mark Hogancamp (Steve Carell) est amnésique. En effet un soir, un groupe d’hommes s’en prend à lui, sans motif. Un traumatisme s’installe, il essaie de s’en échapper en créant un univers de poupées. C’est avec ces petites figurines de plastique qu’il revit dans un petit village fictif nommé Marwen qui se situerait en Belgique pendant la Seconde Guerre mondiale. Village exclusivement féminin, à l’exception d’un homme, le capitaine Hogie, c’est-à-dire lui-même incarné en poupée. Il est aimé, entouré de belles femmes, un héros qui contraste avec le antihéros qu’est réellement Mark. Ce monde fictif l’obsède, il le photographie le jour et le cauchemarde la nuit. Cette obsession devient folie et son état stagne, des années de solitude avec un traitement qu’il ne prend pas. Le procès de ses agresseurs ne serait tarder, une nouvelle voisine arrive, des événements qui vont bousculer sa routine. Continuer la lecture de « Bienvenue à Marwen – La thérapie par l’imaginaire »

Yomeddine – Un retour aux sources dans l’Egypte d’aujourd’hui

Désert égyptien, plus précisément, la Montagne aux détritus. C’est là que travaille Beshay (Rady Gamal), lépreux guéri. Essayer de trouver des objets qui ont de la valeur dans ce tas de plastiques, c’est son quotidien, c’est ce qui lui permet de vivre. Ce pauvre homme au corps abîmé perd son épouse, « la folle » qui avait perdue la tête. Qui pourrait se souvenir de lui à sa mort ? Continuer la lecture de « Yomeddine – Un retour aux sources dans l’Egypte d’aujourd’hui »

I Feel Good – Une critique par l’absurde

Quoi de plus normal pour Benoît Delépine et Gustave Kervern – les réalisateurs – d’écrire une comédie engagée. On était habitué à leur humour décalé et surtout très critique envers la société de consommation avec « Groland ». Cette fois encore, ils ont ressenti le besoin d’exprimer leurs pensées en tournant une large partie du film dans un Emmaüs. À vrai dire, Groland et l’Emmaüs de Lascar-Pau sont similaires : l’individualisme de la société n’empêche pas l’existence à la marge de la société d’une forme de solidarité. Une société individualiste, utopique et la volonté d’être riche, juste pour être riche, voilà les thèmes d’I Feel GoodJacques (Jean Dujardin), fils de communiste, tombe dans le piège de la société capitaliste.

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