Border – Embellir la laideur, bousculer les certitudes

Border fait partie de ces films qu’il vaut mieux aller voir sans rien en savoir. Ce fût mon cas, et les différents procédés du réalisateur trouvent alors tout à fait leur place et ont – en ce qui me concerne – fonctionné à merveille.

Au-delà de l’intrigue multiforme du film, passant du drame social au thriller, et enfin au conte fantastique, il est un domaine dans lequel l’excellence est atteinte : c’est la captation du laid, et sa transformation en beauté sublime à l’écran. Le réalisateur s’attache à filmer et à rendre à l’écran les personnages de Tina et Vore bestiaux : l’accent est mis sur les râles, sur la bave, les dents sales, les corps sales, difformes. Finalement, c’est avec les animaux que Tina est le plus en phase : une sorte de compréhension mutuelle tacite est en place, sans que personne ne puisse l’expliquer. De même, le talent de Tina, qui est en quelques sortes de « sentir les émotions humaines » renvoie directement à la sensibilité que nous prêtons à différents animaux, les chiens notamment, pour ressentir les états d’âme de leurs maîtres. Continuer la lecture de « Border – Embellir la laideur, bousculer les certitudes »

Outlaw King – Une épopée costumée inégale

Un film Netflix avec des visages familiers

Ça y est, depuis quelques temps Netflix produit des films aux budgets plutôt conséquents (120 millions de dollars pour celui-ci). C’est tellement surprenant et inhabituels que l’envie de regarder Le Roi hors-la-loi m’est venue en voyant une publicité du fameux service de streaming sur un réseau social bien connu. Je décide alors de tenter, m’attendant à une série dans le genre de Game of Thrones ou Viking, qui s’appuient sur cette mythologie et histoire anglo-saxone médiévales. Finalement, je me rends compte que c’est un film : au final il n’y a que sur la durée et le format que je me serai trompé, le reste est exact.

Si vous êtes un spectateur assidu de Game of Thrones vous reconnaîtrez facilement les visages de James Cosmo (Robert de Bruce Sr. ; Jeor Mormont dans GoT) et Stephen Dilliane (Edouard Ier d’Angleterre ; Stannis Baratheon dans GoT) qui reprennent leurs rôles respectifs de père protecteur et de roi de fer impitoyable. Continuer la lecture de « Outlaw King – Une épopée costumée inégale »

En liberté ! – Digressions sur les prisons (in)volontaires

Les disciples de Norman Bates – au sens philosophique bien sûr – dont je suis ne se souviennent que trop bien de ses discussions avec Marion Crane à propos de la « cage » dont tout un chacun est prisonnier : une vie secrète avec un mari adultère, une mère trop intrusive, chacun est enfermé à sa manière et l’histoire est quelque part toujours d’arriver à en sortir sans trop de dégâts.

De cages en cages, digressions sur un amour impossible

Yvonne, veuve d’un policier tombé en opération, découvre que celui-ci était ripou. Soumise à l’image de son père décédé qu’elle construit pour leur enfant, elle se retrouve emprisonnée dans ce premier cycle de mensonges. Elle noue alors une affection coupable pour Antoine, un jeune détenu fraîchement libéré qui avait été injustement incarcéré après une manipulation de feu son mari. Tous deux sont, à leur manière, enfermés pour toujours dans leurs propres personnes et histoires : elle, innocente aux yeux de la justice mais coupable d’avoir été bernée pendant huit ans par un mari ripou, lui, coupable aux yeux de la justice mais innocent des crimes qu’on lui reproche. Continuer la lecture de « En liberté ! – Digressions sur les prisons (in)volontaires »

Les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindelwald – inégal et décevant

On attendait beaucoup de ce second opus.

C’est un film qu’on va voir avec espoir : l’univers de Johann Kathleen Rowling est connu pour être particulièrement foisonnant, propice au grand spectacle comme aux scènes graves et touchantes. De plus, le premier volet (Les Animaux Fantastiques, David Yates, 2016) était très prometteur : même avec de nouveaux protagonistes et une histoire se déroulant au début du siècle, le retour du monde magique au cinéma avait été plutôt réussi, au regard du vide littéraire duquel il s’inspirait (Vie et habitat des Animaux Fantastiques, J.K. Rowling, Gallimard Jeunesse, 2001), à savoir un simple dictionnaire répertoriant la faune et la flore du monde magique de Harry Potter, avec pour seule trace de Norbert Dragonneau (Eddie Redmayne) des annotations légères sur les côtés des pages.

Pour rajouter à l’attente qui était la mienne de ce deuxième opus (sur cinq, en tout), la fin du premier volet nous promettait un passage au premier plan de Gellert Grindelwad (Johnny Depp), immense seigneur noir qui est déjà un personnage à part entière de l’histoire de Harry Potter. En effet, Grindelwald est le mage noir défait en 1945 (ce qui, selon JKR, est lié à la fin de la Seconde Guerre Mondiale) par Albus Dumbledore, duquel Lord Voldemort tire expériences et modèles, mais c’est aussi l’ami d’enfance (et plus, si l’on adhère à la position de JKR sur la question) de Dumbledore, devenant un des pivots de la résolution de la saga du sorcier à la cicatrice. Continuer la lecture de « Les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindelwald – inégal et décevant »

H2G2 + Monty Python = Dirk Gently, détective holistique

Au début, on m’a conseillé Dirk Gently : « tu verras c’est inspiré de l’auteur qui a écrit aussi le livre qui a inspiré H2G2 : le guide du voyageur galactique » : vous savez ce film du routard de l’espace flanqué d’un robot dépressif doublé par Alan Rickman (Rogue, dans Harry Potter). J’ai fait mes petites recherches : ledit Douglas Adams est en réalité un habitué de l’esprit décalé de H2G2 – et de Dirk Gently – puisqu’il a été scénariste de la célèbre émission de la BBC The Monty Python Flying Circus que seules les personnes honteuses ne connaissent pas.

Un univers déjanté et pourtant rationnel

Dirk Gently c’est une série cliché : ne prenez pas peur. Tout mouvement est exagéré, les jeux des acteurs secondaires sont caricaturés au possible, à tel point que les personnages principaux, Dirk (un détective holistique), Todd (un groom dépressif) et leur amie Farah (une officier de police ratée), bien qu’ils soient tous autant qu’ils sont extraordinaires. Continuer la lecture de « H2G2 + Monty Python = Dirk Gently, détective holistique »

Dark : une bonne série d’outre-Rhin

L’été approche, malgré les révisions, et c’est pour ça que Le Film Jeune Lyonnais s’attache à passer en revue les séries qu’on vous conseille pour la plage, la montagne, ou simplement chez vous.

Bien que mot anglais, Dark c’est très allemand comme mot, à l’image de la série : monolithique, précis, efficace et plein de profondeur mystérieuse. Accrochez-vous pour 10 épisodes de voyage dans le temps, dans l’espace et dans votre moi intérieur. Continuer la lecture de « Dark : une bonne série d’outre-Rhin »

Croiz’Arts : rencontre entre le Saily Club Jean Moulin Lyon 3 et le Lyf

Le Saily Club Jean Moulin Lyon III et l’Association Lyf ont allié leurs forces dans un projet inédit, réalisé à partir de janvier 2018 : Croiz’arts. Le président du Saily Club, Matthieu Benoit-Cattin nous en dit plus.

Tout d’abord, qu’est-ce que le Saily Club Jean Moulin Lyon III ?

Il s’agit d’abord d’une aventure humaine et associative : la création du club voile de l’Université Jean Moulin Lyon 3.

Jeune association créée en 2016, nous avons pour vocation de faire naviguer les étudiants et de leur faire découvrir les plaisirs du monde nautique autour de nos trois pôles : croisière, régate et formation.

Nous proposons ainsi de vous faire découvrir la croisière en voilier. Encadrée par des professionnels et ouvert à tous, vous pourrez vous initier à la pratique de la voile dans une ambiance amicale sur les plus beaux bassins de navigation de France.

Nous avons aussi pour objectif de représenter notre université dans les régates et compétitions étudiantes. Déjà 6e sur 27 à la Course croisière Edhec 2017, le SaiLy Club ne compte pas s’arrêter en si bonne route et recherche de nouveaux talents !

Enfin, le pôle formation a pour vocation de former les étudiants sur des thèmes en liens avec la mer. Vous pourrez ainsi passer votre permis bateau, découvrir le secourisme (PSC1-PSE1) ou encore vous initier à la météo.

Le Saily Club en trois motsaventure, passion et différence.

Croiz’arts, c’est quelles idées ? quelles ambitions ?

Avec la Croiz’Arts nous souhaitons mêler les approches, découvrir de nouveaux horizons. De la mer à l’image, nous avons souhaité partager avec le LYF nos passions communes. Sur le thème de la mer, nous nous proposons de découvrir ses facettes graphiques autour de deux weekend croisière thématiques : photo et vidéo. Aventure et cinéma, voile et image vont souvent de pairs.

Nos ambitions : faire naître de nouvelles passions, cinématographiques ou maritimes !

Si on devait résumer la Croiz’arts en un film ?

Déjà, la Croiz’Arts, ce n’est ni un remake de La croisière s’amuse ou de All is lost. Ce n’est pas non plus un nouveau biopic sur Tabarly. Non, la Croiz’Arts c’est un nouveau film qui reste à tourner !

Propos recueilli par Pierre Triollier du Brochet.

Pour découvrir l’association !

Nos voeux pour 2018

Cher(e)s ami(e)s et partenaires,

C’est avec sérénité que nous quittons 2017 pour attaquer 2018, plus déterminés que jamais.

2017 fût, pour l’Association ainsi que pour le film jeune lyonnais une année encore importante et riche en événements :

En mars, le Festival Luciole organisé au lycée La Martinière Monplaisir par l’équipe de Louis Charton et Hugues Marcos s’est renouvelé pour sa deuxième édition.

En mai, le Festival du cinéma d’Ampère a vu le jour sous la présidence d’Océane Laboureau, présidente de la Maison des Lycéens du lycée Ampère Bourse.
Enfin en juin, le Festival du film lycéen de Saint-Just s’est déroulé pour la troisième année consécutive au lycée public de Saint-Just sous la direction de Jean Baud et Thomas Normand, avec le support de la direction du lycée par son proviseur, Hélène Vaissière.

2017, ce fût également la deuxième édition du Festival du film Jeune de Lyon :

Cette année, plus de 60 candidatures nous sont parvenues, de plusieurs villes françaises dont Paris, Lyon, Marseille, mais également Bordeaux, Toulouse, Aix, Angers, … ainsi que deux candidatures, respectivement provenant de Bagdad (Irak) et de Cotonou (Bénin).
Ce fût également plus de 600 spectateurs sur nos 10 jours de projection dans des lieux variés de la Métropole : lycée de Saint-JustUniversité Jean Moulin Lyon 3, Université Lumière Lyon 2MJC Presqu’Île Confluencelycée Immaculée Conceptionlycée la Martinière Monplaisir, … ainsi qu’au cinéma Comoedia pour notre cérémonie de clôture.

2017, ce fût l’année où vous nous avez donné des ailes

C’est par vos contributions en donations privées, par nos partenariats avec la MJC Presqu’Île Confluence et le Comoedia, ainsi que par les subventions que la Ville de Lyon et l’Université Jean Moulin Lyon III nous ont accordées, que nous avons pu réaliser cette édition à la hauteur de l’ambition que nous partageons tous pour le film jeune lyonnais.

Après 2017, c’est vers 2018 que l’association se tournera au plus vite

2018, ce sera l’année du changement et de la pérennité

Alice Mesland-Millet, auparavant trésorière de l’Association, a été désignée pour prendre en charge l’organisation du Festival du film Jeune 2018 en tant que vice-présidente. Elle rejoint donc Jean-Félix Laval, vice-président chargé de l’Union du film Jeune (le réseau des initiatives cinématographiques jeunes lyonnaises).
L’objectif de cette année pour la présidence de l’Association est d’installer dans le temps l’action associative que nous menons depuis deux ans déjà.

Mais nous voulons avant tout que 2018 soit l’année du Film Jeune lyonnais

Nous vous promettons de revenir, dès le début d’année, vers vous avec de nouveaux projets, de nouveaux événements, et ce, tout au long de l’année. La flamme que nous avons allumée en 2016 ne s’éteindra pas de sitôt, et c’est avec votre aide, votre soutien, votre bonne humeur que nous continuerons de l’entretenir.
Il ne me reste plus qu’à, au nom des membres de l’Association Lyf, au nom de ceux qui croient au film jeune lyonnais, vous souhaiter une bonne et heureuse année 2018, pleine de nouvelles aventures, et de nouveaux défis.
…..Bien joué si vous lisez ces mots…..
………..On se retrouve en 2018 !……………..
 
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Cinématographiquement,
Pierre Triollier du Brochet
président de l’Association Lyf

Star Wars épisode 8 : Les derniers Jedi – Star Wars est mort, vive Star Wars !

Evidemment, je l’ai aimé. Chaque année depuis 2015 et jusqu’en 2019 (au minimum), un Star Wars viendra éclairer nos cœurs et nos âmes d’enfants, pour ensuite remplir les cadeaux au pied du sapin de produits dérivés farfelus ou géniaux (cf. le BB-8 télécommandé, exceptionnel).

Au-delà de cela, mon travail ici sera d’exposer les différentes raisons qui – selon moi – placent ce 8e  chapitre de la saga principale, au rang n°1 des meilleurs films Star Wars, pour le moment. Continuer la lecture de « Star Wars épisode 8 : Les derniers Jedi – Star Wars est mort, vive Star Wars ! »

Review et digressions sur Stranger Things 2

Précédemment …

Stranger Things, petite série sortie dans une relative discrétion à l’été 2016, puis grimpée dans la fameuse aire – souvent mortelle pour nous, cinéphiles – du mainstream en septembre de la même année, c’est cette série qui puise son inspiration dans différents parrains de la fantasy et de la SF des années 80 : Stephen King, Steven Spielberg. Le tout arrosé de références, d’icônes, et d’une bande-son tout droit issue des eighties, cela ne pouvait que plaire, et sont bien fines bouches ceux qui prétendent que la série ne leur a pas tiré une seule petite émotion de leur cœur de pierre.

Synopsis (sans spoilers promis)

L’action de la saison 1 se déroule dans la petite ville d’Hawkins, ville sans problème, où nous trouvons une bande de quatre potes, Dustin, Mike, Lucas et Will, fan de Donjons et Dragons, des aventures de Tolkien et affublés évidemment de leurs vélos (filmés comme s’il s’agissait de Harley Davidson) qui déambulent dans leur collège, au club d’audiovisuel, et avec le professeur de sciences naturelles, en bon gros geeks qu’ils sont tous.

Sauf qu’un soir, Will disparaît. Et là, toute une série d’événements commence à frapper la petite ville sans histoire, avec notamment la présence d’un laboratoire du département de l’Energie top secret à proximité … Continuer la lecture de « Review et digressions sur Stranger Things 2 »