FFJL 2020 | Retour sur le premier week-end de projections

Le vendredi 18 septembre 2020 s’ouvrait la 5e édition du Festival du Film Jeune de Lyon. Petit récap’ de quelques temps forts.

Vendredi 18 septembre : les réalisatrices mises à l’honneur

Pour la projection d’ouverture, les présidentes des jurys animation, fiction et documentaire ont vu leur film diffusé sur la péniche Fargo, quai Gailleton. Une occasion de découvrir Clean with me (after dark) de Gabrielle Stemmer, également présente lors de la rencontre professionnelle autour du documentaire le lendemain matin.

Clean with me (after dark) se déroule sur l’écran d’un ordinateur. Une session s’ouvre, et nous voici plongés dans l’univers Youtube et ses nombreuses vidéos d’ « influenceuses » ménage.. Des rires résonnent dans la salle, au regard de ces femmes qui se canalisent par le nettoyage d’un plan de travail, de leur salon, ou d’un évier. Puis, aux rires succèdent une ambiance de gêne, lorsque la réalisatrice trace les liens entre ces pratiques et le fait que ces femmes sont sujettes à la dépression, à l’anxiété, au surmenage. Le film met en exergue leurs nombreux liens : femmes de militaires, isolées géographiquement, mères au foyer. Clean with me dresse de façon poignante le portrait de femmes oubliées pour qui le ménage fait office de thérapie.

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Été 85 – Peut-on vraiment échapper à son histoire ?

François Ozon, pour son nouveau film, adapte le roman La Danse du coucou d’Aidan Chambers, qu’il a lu durant sa jeunesse et dont il rêvait l’adaptation. C’est désormais chose faite, mais l’intrigue, prévue initialement à l’été 1984, est transposée à l’été 1985. Ce choix, étonnant, est lié à un souhait du cinéaste : intégrer une chanson de The Cure, In Between Days, ouvrant et clôturant le film. Cette chanson, que François Ozon écoutait dans son adolescence, témoigne-t-elle alors du caractère très personnel que prendrait pour lui le film ?

Durant cet été de l’année 1985, dans le Nord de la France, Alexis (Felix Lefebvre) emprunte un bateau à une connaissance et met les voiles. Tempête. Il chavire et se retrouve sauvé de justesse par David (Benjamin Voisin). De cette rencontre entre ces deux jeunes hommes, issus de classes sociales différentes, découle la naissance d’une relation particulière, une amitié de rêve, un amour de jeunesse.

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Les Parfums – Une légère note d’herbe coupée

Histoire d’une rencontre improbable, Les Parfums de Grégory Magne narre la rencontre entre un chauffeur en proie à des difficultés familiales, Guillaume Favre (interprété par Grégory Montel) et d’un célébrité de la parfumerie, Anne Walberg (Emmanuelle Devos). L’intrigue démarre assez simplement : Guillaume doit à tout prix conserver son travail s’il veut déménager et obtenir la garde alternée de sa fille unique, Léa. Son patron l’envoie conduire une cliente difficile qui a déjà renvoyé plusieurs chauffeurs, qui n’est autre que Mademoiselle Walberg. De cette rencontre improbable découlera le cheminement des personnages vers le « meilleur » d’eux-mêmes.

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Atlantique – Au delà de l’océan

Grand Prix de l’édition 2019 du Festival de Cannes, Atlantique est le premier long métrage de Mati Diop, réalisatrice franco-sénégalaise. Le film trouve ses fondations dans un pitch simple : Ada est une jeune sénégalaise éperdument amoureuse de Souleiman. Elle le fréquente en secret, alors qu’elle est promise à Omar. Un soir, alors qu’elle a rendez-vous avec son bien-aimé, il n’est pas là. Elle apprend par une amie que Souleiman et d’autres garçons sont partis par l’océan rejoindre l’Espagne. 

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Fête du Court Métrage 2020 – Nos coups de cœur

Alors qu’elle devait se dérouler à Lyon et dans toute la France du 25 au 31 mars dernier, la Fête du court-métrage a été contrainte à la dernière minute de s’adapter. Par l’intermédiaire d’une plateforme à télécharger, il était ainsi possible de découvrir des programmes de films gratuitement depuis chez soi. Nous ne pouvions pas résister à l’idée de vous faire part de nos coups de cœur de cette fête aussi inattendue que réussie.

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Le Cas Richard Jewel – Héros ou imposteur ?

Le cas Richard Jewell retrace l’histoire vraie de l’agent de sécurité, qui, lors des Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996, a trouvé un sac d’explosif et est parvenu, en donnant l’alerte, à limiter les dégâts de l’explosion. S’en suit alors un affolement médiatique et judiciaire, dans lequel le héros national devient le suspect n°1. Continuer la lecture de « Le Cas Richard Jewel – Héros ou imposteur ? »

J’ai perdu mon corps – Le formidable voyage d’une main

J’ai perdu mon corps, long-métrage d’animation réalisé par Jérémy Clapin, raconte l’histoire d’une main, celle de Naoufel. Séparée de lui, elle tente de le rejoindre. Pitch quelque peu étonnant, bien inhabituel, au résultat sensationnel.

En parallèle de la quête de la main, nous découvrons la vie de son propriétaire, avant leur séparation. Nous rencontrons un jeune homme dont le rêve de devenir pianiste et astronaute a été compromis : le voilà en livreur de pizzas maladroit. Son train-train quotidien est loin de le faire rêver ; jusqu’au jour où il rencontre, par le biais d’un interphone, une jeune femme. Il lui il voue alors un véritable phantasme, et va tout entreprendre pour la rencontrer. Continuer la lecture de « J’ai perdu mon corps – Le formidable voyage d’une main »

Un divan à Tunis – Retour aux sources

Un divan à Tunis nous plonge dans la vie de Selma (Golshifteh Farahani), une jeune femme franco-tunisienne, qui après ses études de psychanalyse, revient s’installer à Tunis pour y monter son cabinet. Les rires moqueurs de ceux qui n’y croient pas se font écho, face à son tableau de Freud qui rappelle à certains « un frère musulman », ou lorsque est mentionné sa profession à la coiffeuse du quartier, qui ne voit pas l’intérêt d’un tel cabinet puisqu’au salon de coiffure, en plus d’avoir parlé, les clientes ressortent avec « un beau brushing ».

Seulement, au lendemain de la fuite de Ben Ali et de la Révolution, le succès de Selma est fulgurant. Les clients affluent, et parviennent à mettre des mots sur leurs maux. Toutefois, la jeune femme déchante vite et les difficultés la rattrapent : défaut d’autorisation, administration à deux vitesses, elle doit affronter les obstacles administratifs et humains, dans un pays pour lequel elle en partie étrangère, alors qu’il constitue ses racines. Continuer la lecture de « Un divan à Tunis – Retour aux sources »

It Must Be Heaven – Le silence vaut mieux que mille mots

J’attendais ce film depuis le Festival de Cannes, et le voilà enfin en salles. Je me précipite au cinéma et sans surprise : It Must Be Heaven est une pépite. Elia Suleiman nous emmène avec lui entre Nazareth, sa ville natale ; Paris, là où il vit depuis 2005 ; et New York, où il a vécu entre 1982 et 1993. A travers ce périple, deux questions se posent : où est-ce que l’on peut se sentir chez soi ? et est-ce vraiment mieux ailleurs ? Continuer la lecture de « It Must Be Heaven – Le silence vaut mieux que mille mots »

Il était une seconde fois – Et si on modifiait le destin ?

Il était une seconde fois est une série en 4 épisodes d’environ cinquante minutes dans lesquelles nous suivons Vincent (Gaspard Ulliel), largué quelques mois plus tôt par sa copine, Louise (Freya Mavor). Il pense encore à elle. Un jour, le livreur dépose par mégarde un autre colis que le sien contenant un cube lui permettant de revenir quelques mois en arrière, à l’époque où il était encore avec Louise. Il va alors tout tenter pour la reconquérir. Continuer la lecture de « Il était une seconde fois – Et si on modifiait le destin ? »