J’ai Rencontré le Diable : « Un chef d’œuvre diabolique qui plonge dans les profondeurs noires de l’âme humaine »

La vengeance, en voilà un grand sujet de cinéma. Nombre de réalisateurs l’ont filmé sous ses multiples coutures, captant avec un regard affûté toute la violence et les déchirements humains qu’elle entraîne. Mais avec J’ai Rencontré le Diable, rarement elle nous aura parue si brutale, si complexe, si irréversible…

Sorti en 2011, J’ai Rencontré le Diable nous raconte l’histoire de Soo Hyun, un jeune agent de sécurité qui, après le meurtre de sa fiancée, se lance dans une quête vengeresse dont il ne sortira pas indemne. Réalisé par Kim Jee-Woon, l’un des metteurs en scène de ce qui fut un temps appelé « La Nouvelle Vague Coréenne » (comprenant notamment Park Chan Wook, Bong Joon-Ho et Na Hong-Jin), le film transcende un script simple par une approche complexe et une vision jamais uniforme des thèmes qu’il soulève.

J’ai Rencontré le Diable (2011)

Cet uppercut filmé dépeint avec un jusqu’au boutisme rare toute la dualité de l’être humain et capte, au travers d’une mise en scène tour à tour nerveuse et lancinante mais toujours virtuose, ce basculement inconscient de l’homme vers le monstre. Kim Jee-Woon, avec une maîtrise déconcertante, met à mal notre notion de justice, de bien et de mal, et questionne notre animalité, notre part d’ombre… La violence sans concession des images pourra décourager les plus sensibles à s’aventurer dans ce voyage au cœur des ténèbres mais, pour les plus téméraires, le jeu en vaut définitivement la chandelle, tant l’expérience vécue pendant plus de 2h ne ressemble à aucune autre.

Porté par deux acteurs tétanisants de justesse et d’intensité (Lee Byung-hun et Choi Min-sik) et une BO qui retourne les tripes par ses décibels semblant être constituées d’émotions brutes, J’ai Rencontré le Diable est une œuvre dont on ne ressort définitivement pas indemne. Un film qui embrasse toute la noirceur de son histoire pour livrer un morceau de cinéma abyssal conduisant le spectateur à un point de non-retour. Un chef d’œuvre diabolique qui plonge dans les profondeurs noires de l’âme humaine pour finalement délivrer un discours fascinant sur l’humanité perdue d’un monde malade. Un crie de rage qui happe notre regard du premier au dernier instant, nous fait suffoquer et nous accable d’émotions aussi intenses que contradictoires. Percutant et définitif.

J’ai Rencontré le Diable (2011) de Kim Jee-Woon. Avec Lee Byung-Hun, Choi Min-sik, Oh San-ha.

Pour découvrir d’autres articles d’Aurélien Zimmermann, n’hésitez pas à vous rendre sur son site Watching The Scream

Le nom des gens : « Un film bouleversant car il croit indéniablement en la vie »

Michel Leclerc est un réalisateur qui a débuté dans le milieu du cinéma en tant que monteur. C’est grâce à son court-métrage Le poteau rose, primé à Cannes, que sa carrière est véritablement lancée.

Leclerc est également scénariste au côté de Carine Tardieu dans le long-métrage Otez moi d’un doute et La tête de Maman, œuvres dans lesquelles on retrouve la brillante originalité scénaristique du cinéaste. C’est donc son talent dans l’écriture qui a permis à Le nom des gens de recevoir le César du meilleur scénario. Ce film a été primé notamment pour avoir révélé Sarah Forestier, qui y fait preuve d’un humanisme sublime. Elle a reçu le César de la meilleure actrice et l’étoile d’or du premier rôle féminin. Ce long métrage est porté principalement par Sarah Forestier donc et Jacques Gamblin. Et déjà, l’idée de nous présenter ce duo à l’écran est judicieuse. Continuer la lecture de « Le nom des gens : « Un film bouleversant car il croit indéniablement en la vie » »