Clermont 2019 – La véhémence du court-métrage

Il est l’un des plus grand festival de court-métrage du monde. Du 1er au 9 février, Clermont-Ferrand nous a ouvert les portes de ses nombreuses salles, pour découvrir et mettre en avant ce domaine du cinéma si peu médiatisé. C’est grâce au LYF que nous avons pu, pour ma part pour la première fois, vivre l’euphorie d’un festival durant un week-end. Il était certain que nous allions découvrir des chefs-d’oeuvres, mais autant de pépites cinématographiques, c’était inattendu. Notre avis sur le cinéma reste subjectif et même si certains courts-métrages touchent moins, d’autres resteront gravés dans nos mémoires. C’est de ceux-là dont je vais parler.

Vendredi soir, 22h30, salle Cocteau pour la séance d’ouverture. Les organisateurs distribuent à chaque spectateur des masques de nuit. C’était sûrement l’expérience la plus enrichissante du festival et c’est grâce au réalisateur, Olivier Treiner, que nous l’avons vécue. Le cinéma, pense-t-on, c’est avant tout des images, et bien pas que… Nous mettons alors nos masques et découvrons le cinéma en audio-description, comme un malvoyant pourrait le ressentir, en audio-description. L’accordeur, c’est le récit et l’unique point de vue d’Adrien, accordeur de piano se faisant passer pour aveugle. Et c’est ce qu’il n’est pas censé voir qui nous est décrit. On se concentre alors uniquement sur les sons, sur un cri, et c’est ainsi qu’on comprend qu’Adrien est témoin d’une chose qu’il aurait préféré ne jamais voir. Continuer la lecture de « Clermont 2019 – La véhémence du court-métrage »

Clermont 2019 – Phillip Barker : La caméra, le corps, l’image

La 41e édition du Festival de courts-métrages de Clermont-Ferrand n’a pas rompu avec les valeurs militantes et sociales qui ont été le socle de sa fondation et n’a pas abandonné sa visée de diversité et de pluralisme culturel, au travers d’une programmation riche et variée. Il y a beaucoup de films, on ne peut évidemment tout voir ; entre les films « labo », les films « short in translation », les films internationaux ou les courts-métrages devenus classiques, on se retrouve vite noyé dans la large proposition de films qu’offre la semaine de festival.

Pourtant, le Festival de Clermont-Ferrand permet chaque année de découvrir des petits bijoux cinématographiques dont on n’aurait pas nécessairement soupçonné l’existence. Sauf si l’on est un fin connaisseur de ce qui se fait dans le monde en matière de courts-métrages. Clermont, en dehors des sélections officielles en compétition, c’est aussi la projection de collections de films, récents ou non. C’est ainsi qu’on peut y découvrir l’œuvre de Phillip Barker, cinéaste canadien, habitué du Festival : « Voilà exactement vingt ans que le festival international du court métrage de Clermont-Ferrand accueille mes films. C’est ce genre de soutien qui m’a toujours encouragé à continuer à faire du cinéma alternatif. » (Phillip Barker). Du cinéma alternatif oui, mais surtout du cinéma. L’artiste, qui nous a fait l’honneur d’être présent avant, pendant, et après la projection, pratique surtout la fiction expérimentale, son œuvre proposant une grande cohérence qui frappe et enchante lorsqu’on voit ses films les uns après les autres. La Collection était composée de six courts-métrages, d’une durée de 3 à 23 minutes. Continuer la lecture de « Clermont 2019 – Phillip Barker : La caméra, le corps, l’image »

Clermont 2019 – Le court métrage, un art à part

L’association LYF était à Clermont-Ferrand à l’occasion du festival du court métrage. J’ai eu la chance d’y être ! C’était une grande première pour moi. Pour dire vrai, je ne suis pas un expert en cinéma comme les autres illustres auteurs dont les critiques abondent ici même. Pourquoi alors, malgré mon ignorance relative du cinéma, suis-je parti à Clermont dans l’antre international du court métrage ? C’est l’envie de découvrir un art méconnu et intriguant, certainement trop sous-estimé. Mais c’est aussi l’envie de passer de très bons moments amicaux ou cinématographiques qui m’a poussé à partir.

Le moins que je puisse dire est que je ne regrette pas ma curiosité. Les courts métrages ont eu une réelle faculté à me transporter, me faire voyager, dans le passé, dans l’irréel, sur un autre continent, me projeter avec force dans une nature parfois hostile parfois magnifique et surtout me faire rêver. Pendant une séance de projection, il n’est pas rare de passer du rire aux larmes, de la joie à la tristesse, de la haine d’un personnage à l’empathie d’un autre. C’est d’ailleurs ce que montre parfaitement la bande annonce du festival, qui fête cette année sa 41ème édition. Elle condense parfaitement toutes ces émotions à un rythme particulièrement efficace, un aperçu de toute la richesse que cache cet art à part. Continuer la lecture de « Clermont 2019 – Le court métrage, un art à part »

Clermont 2019 – La gloire du court-métrage français ?

Après avoir assisté à la moitié des programmes de courts-métrages francophones, on ne peut nier ni de leur qualité ni de la « réussite artistique ». Il faut en fait saluer le système de production français qui permet la naissance de qui reste dans l’ensemble une très belle industrie du court-métrage. Si nous allons revenir ici-même sur quelques uns d’entre eux, ne nions pas qu’il y en a beaucoup d’autres qui mériteraient qu’on s’y attarde. Le véritable problème, le véritable enjeu qui touche le monde du court-métrage en France est leur nombre très important et leur faible diffusion dans les réseaux traditionnels – difficile de pouvoir voir ces courts-métrages en dehors d’événements dédiés, et trop peu de salles prennent le risque d’en montrer. Continuer la lecture de « Clermont 2019 – La gloire du court-métrage français ? »

Clermont 2019 – Le cinéma comme bien commun ?

L’association LYF se rend cette année au Festival International du court-métrage de Clermont-Ferrand et à cette occasion en couvrira quelques moments forts. L’ouverture du Festival, en fin de journée le vendredi 1er février, dans une ambiance bon enfant au ton résolument engagé. L’ère du temps et l’actualité planait en effet sur le discours introductif de Jean-Claude Saurel (président de Sauve qui peut le court-métrage, organisant la manifestation). Plus qu’une allusion aux gilets jaunes et aux manifestations violentes qui marquent la France depuis plusieurs mois, il s’agissait pour lui de rappeler le militantisme historique d’un festival quarantenaire. Parler de bien commun à propos d’un festival de court-métrage en replaçant le cinéma, les arts et la culture au centre de la société semble être ainsi le principe directeur essentiel qu’il lui fallait rappeler. Parler de classes sociales, d’accès facilité à la culture, permettre l’accès à tous aux séances et de mélanger professionnels et publics est ainsi non seulement une partie de leur ADN mais peut être un peu plus, aussi un souhait pour une société de demain. Continuer la lecture de « Clermont 2019 – Le cinéma comme bien commun ? »