Border – Embellir la laideur, bousculer les certitudes

Border fait partie de ces films qu’il vaut mieux aller voir sans rien en savoir. Ce fût mon cas, et les différents procédés du réalisateur trouvent alors tout à fait leur place et ont – en ce qui me concerne – fonctionné à merveille.

Au-delà de l’intrigue multiforme du film, passant du drame social au thriller, et enfin au conte fantastique, il est un domaine dans lequel l’excellence est atteinte : c’est la captation du laid, et sa transformation en beauté sublime à l’écran. Le réalisateur s’attache à filmer et à rendre à l’écran les personnages de Tina et Vore bestiaux : l’accent est mis sur les râles, sur la bave, les dents sales, les corps sales, difformes. Finalement, c’est avec les animaux que Tina est le plus en phase : une sorte de compréhension mutuelle tacite est en place, sans que personne ne puisse l’expliquer. De même, le talent de Tina, qui est en quelques sortes de « sentir les émotions humaines » renvoie directement à la sensibilité que nous prêtons à différents animaux, les chiens notamment, pour ressentir les états d’âme de leurs maîtres. Continuer la lecture de « Border – Embellir la laideur, bousculer les certitudes »