Amanda – Mélancolie et scoubidou, un drame parisien contemporain

« Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d’inoubliables chagrins. Il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants. » Marcel Pagnol, Le château de ma mère

Le film débute sur un quotidien contemporain du mois d’août dans le XXe arrondissement de Paris. Le trio formé de la mère, Amanda sa fille, et David, le jeune oncle fonctionne avec fluidité, et le bonheur simple et insouciant est souligné par l’utilisation de lumières chaudes. Ils évoluent dans une capitale non fantasmée. Le réalisme du contexte pénètre complètement la narration. En effet, noms de rues, enseignes d’établissements, sont autant de signes sémantiques ayant une réelle importance au sein de l’histoire. Ils représentent ainsi beaucoup plus que de simples décors, la rue et ses commerces semblent s’apparenter à des personnages de second plan. C’est une légèreté qui demeure cependant suspecte pendant les vingts premières minutes. Après le drame, le corps manquant du trio ne pourra pas être remplacé. Amputé de son membre central, le duo tente de consommer son deuil bancal en voguant d’appartements en centres spécialisés, en quête de réponses. Cependant, c’est un ballet de personnages secondaires qui viendront tour à tour, aux moyens de pansements, apporter des soutiens doux aux deux personnages orphelins. Continuer la lecture de « Amanda – Mélancolie et scoubidou, un drame parisien contemporain »

Utoya, 22 juillet – Montrer l’horreur

Le 22 juillet 2010, la Norvège était victime de deux attentats d’extrême droite. D’abord, le quartier des ministères d’Oslo était touché par une bombe : huit morts, quinze blessés. Deux heures plus tard, les participants à un camp d’été de jeunes socialistes sont massacrés sur l’île d’Utoya : soixante-neuf morts et des dizaines de blessés par balles. Le choc est mondial. Huit ans plus tard, plusieurs pays européens sont dirigés l’extrême droite. Alors que l’Europe semble basculer vers des logiques conservatrices et réactionnaires, le norvégien Erik Poppe décide de mettre en scène un film choc sur les attentats de 2010. Un travail de recherche aux élans documentaires : rencontres et échanges avec des familles de victimes, des survivants, auxquels Erik Poppe montre le film à mesure qu’il avance, tente de reconstituer l’horreur vécue à Utoya. Tenter de transmettre ce qui s’est passé, de le faire vivre par le cinéma. Un projet difficile, problématique (peut-on vraiment savoir ce qui s’est passé sur l’île?), reposant sur un dispositif technique complexe et une quête de l’immersion à la limite du supportable. Continuer la lecture de « Utoya, 22 juillet – Montrer l’horreur »