[Lumière 2017] Mystérieux, Clouzot ? (Jour 4)

Cette année était aussi l’occasion de redécouvrir l’oeuvre d’Henri-Georges Clouzot. Réalisateur à la réputation de tyrannique, il n’en est pas moins l’un des plus grands cinéastes français de l’après guerre. Le Festival Lumière lui aura ainsi rendu hommage à l’occasion du centenaire de sa naissance et de la restauration d’un grand nombre de ses films – certains étant devenus particulièrement rares en salle. Cette rétrospective intégrale était de plus complétée par plusieurs films où Clouzot n’était que scénariste, et de quelques documentaires, directement consacrés au réalisateur (Le Scandale Clouzot de Pierre-Henri Gibert), ainsi qu’un documentaire sur la société de production La Continental (La Continental : Le mystère Greven de Claudia Collao), gérée par les allemands pendant l’occupation.

Revoir ses expérimentations pour le célèbre non-film (car jamais achevé) L’Enfer ne tombait pas dans l’oreille d’un sourd. Documentaire passionnant sur un fiasco monumental, le film dépeint à la fois la pensée d’un génie (il suffit de voir les rushs, seuls restes de cette tentative) mais aussi le pervers de la production cinématographique (Clouzot ayant eu pour ce film des moyens hors-norme : l’argent, les acteurs, la technique, le tournage avait même commencé). Il avait été, en fait, piégé par sa propre folie perfectionniste. Le cinéma, c’est aussi l’art des relations humaines, de leur gestion. Il faut avoir un sens de l’entreprise, de l’optimisation, garder un cap de socialiste même si l’on ne compte pas ses heures. Bref, que des choses que n’avait pas Clouzot. Continuer la lecture de « [Lumière 2017] Mystérieux, Clouzot ? (Jour 4) »