Un Grand Voyage vers la nuit – Quand un cinéaste passe à côté de son film

Un Grand Voyage vers la nuit n’est pas ce qu’on appelle un mauvais film, mais c’est un film raté. C’est un film qui manque son rendez-vous avec le chef d’œuvre, et ce parce qu’il n’atteint pas l’aboutissement de l’expérience cinématographique qui est au cœur de la démarche du cinéaste.

L’intrigue est nébuleuse – un homme, semblerait-il, recherche une femme dont il est amoureux ; soit. Le début du film ne nous donne aucun repère, on se perd – mais jusque-là ce n’est pas dérangeant – dans une contemplation mélancolique, assez belle il faut le souligner. Bi Gan soigne ses plans jusque dans les moindres détails. Mais ensuite, mais encore ? La première partie propose une série de plans qui laisse le spectateur complètement en dehors du film. La voix-off alourdit les images et ne créé pas de lien poétique (c’est pourtant ce que vise le cinéaste) ; au contraire, elle nous égare un peu plus dans une espèce de labyrinthe spectral. On aurait aimé être piégé, dérouté, angoissé. Hélas, c’est le cinéaste lui-même qui se perd dans un scénario trop compliqué et trop disparate, pour finalement abandonner le spectateur. Continuer la lecture de « Un Grand Voyage vers la nuit – Quand un cinéaste passe à côté de son film »