Jacques Rivette – Le cinéaste qui étudia le geste de création

Comprendre son propre processus de travail semble être pour un artiste une étape importante à en croire l’abondante littérature qu’ils ont tendance à laisser derrière eux. Journaux publiés, textes savants, auto-portraits ont permis de documenter de manière précise leurs processus, leurs motifs, leurs raisons, leurs quotidiens. Cette aspiration à peut être trouver l’essence même de leur processus n’a jamais porté ses fruits, et leur action garde une part de naturelle étrangeté, d’incertitude génétique.

Au cinéma, l’un des apports du groupe de cinéastes issu des Cahiers du cinéma au début des années 1960 fut certainement la prise en considération de leur propre situation de créateur. En tentant de comprendre ce qui suscite leur geste, chacun va tenter de donner d’y donner du sens, de manières différentes, théoriques ou esthétiques : interroger ses maîtres et sa filiation dans une Histoire du cinéma, chercher à comprendre l’influence des autres arts (notamment la littérature, ou la peinture) sur leurs propres œuvres… Jacques Rivette en est un parfait exemple tant son cinéma repose sur cette idée de la création, et sur ce désir de la filmer. En ressortiront des œuvres aux formes atypiques, permettant la pleine étude de son sujet : laisser le temps de la création se dérouler devant nos yeux, comme pour tenter de la saisir.

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