The Doors – Love, death, travel, revolt, chaos

En 1991, 20 ans après la mort de Jim Morrison, Oliver Stone s’empare de son histoire et de celle de son groupe. Un groupe aussi composé de Ray Manzarek, claviériste, Robby Krieger, guitariste, et John Densmore, batteur. Un groupe qui, dans ses chansons, parlait tout autant des bienfaits et des dangers de la drogue, de fascination pour la mort, d’amour fougueux et de souvenirs mélancoliques, le tout accompagné d’une maîtrise instrumentale hors du commun. Ce groupe, c’est les Doors et en seulement cinq ans de carrière, ils ont changé l’histoire du rock.

« Love, death, travel, revolt, chaos. » est une des célèbres phrases prononcées dans le film par Val Kilmer, qui interprète le poète, chanteur et leader des Doors, Jim Morrison. Une phrase qui résume autant la carrière du groupe que le film éponyme. En effet, pour retracer la trépidante mais courte histoire du groupe, le film choisit de l’aborder thématiquement. Chaque scène sera donc une occasion de montrer un instant de vie, souvent intense, mais aussi d’aborder les motifs récurrents abordés dans les chansons du groupe.

The Doors (1991) de Oliver Stone | Distribution : Carlotta Films

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Rétrospective Jim Jarmusch – « Do you know my poetry ? »

Ces trois dernières années, le cinéaste américain Jim Jarmusch n’a pas chômé : Paterson en 2016, Gimme Danger la même année, The Dead Don’t Die en 2019. C’est donc à pic que tombe cette rétrospective, qui nous invite à (re)découvrir les six premiers films du réalisateur, et se plonger dans une œuvre brillante de cohérence et de poésie.

Le monde du cinéma a découvert Jim Jarmusch avec Stranger than Paradise – Caméra d’Or au Festival de Cannes de 1984. Mais il ne faut pas oublier son tout premier film, un film de fin d’étude, Permanent Vacation (1980), qui annonçait déjà les inventions cinématographiques que le cinéaste allait pousser dans ses fils suivants : Jim y glissait ses premiers travellings latéraux, mouvement de caméra qu’il ne cessera de réinventer pour accompagner et soutenir ses personnages bancals et désœuvrés. Continuer la lecture de « Rétrospective Jim Jarmusch – « Do you know my poetry ? » »

Les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindelwald – inégal et décevant

On attendait beaucoup de ce second opus.

C’est un film qu’on va voir avec espoir : l’univers de Johann Kathleen Rowling est connu pour être particulièrement foisonnant, propice au grand spectacle comme aux scènes graves et touchantes. De plus, le premier volet (Les Animaux Fantastiques, David Yates, 2016) était très prometteur : même avec de nouveaux protagonistes et une histoire se déroulant au début du siècle, le retour du monde magique au cinéma avait été plutôt réussi, au regard du vide littéraire duquel il s’inspirait (Vie et habitat des Animaux Fantastiques, J.K. Rowling, Gallimard Jeunesse, 2001), à savoir un simple dictionnaire répertoriant la faune et la flore du monde magique de Harry Potter, avec pour seule trace de Norbert Dragonneau (Eddie Redmayne) des annotations légères sur les côtés des pages.

Pour rajouter à l’attente qui était la mienne de ce deuxième opus (sur cinq, en tout), la fin du premier volet nous promettait un passage au premier plan de Gellert Grindelwad (Johnny Depp), immense seigneur noir qui est déjà un personnage à part entière de l’histoire de Harry Potter. En effet, Grindelwald est le mage noir défait en 1945 (ce qui, selon JKR, est lié à la fin de la Seconde Guerre Mondiale) par Albus Dumbledore, duquel Lord Voldemort tire expériences et modèles, mais c’est aussi l’ami d’enfance (et plus, si l’on adhère à la position de JKR sur la question) de Dumbledore, devenant un des pivots de la résolution de la saga du sorcier à la cicatrice. Continuer la lecture de « Les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindelwald – inégal et décevant »

[Lumière 2017] Friedkin, le Grandmaster ! (Jour 5)

Si Wong Kar-wai a été très discret durant sa présence à Lyon, William Friedkin, lui, ne l’a pas été (pour notre plus grand bonheur). Monologuiste hors-pair, il aura été par trois fois, au Comoedia, capable de tenir le micro sans interruption devant des salles pleines pour nous raconter l’histoire de ses chef-d’œuvre. Quel bonheur ce fut ! Accompagné par Samuel Blumenfeld, journaliste à Le Monde, n’avait guère qu’à lancer le réalisateur de L’Exorciste en une ou deux questions. Passionnant, Friedkin laissait même la possibilité aux personnes présentes dans la salle de poser des questions ! Inutile de dire qu’une présentation durait une bonne demi heure au moins… Ses films sont hors-norme, ce qu’il nous a raconté l’était aussi. C’est à se demander qu’est ce qui est vrai et qu’est ce qui est exagéré. Print the legend, comme on dit.

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