Yomeddine – Un retour aux sources dans l’Egypte d’aujourd’hui

Désert égyptien, plus précisément, la Montagne aux détritus. C’est là que travaille Beshay (Rady Gamal), lépreux guéri. Essayer de trouver des objets qui ont de la valeur dans ce tas de plastiques, c’est son quotidien, c’est ce qui lui permet de vivre. Ce pauvre homme au corps abîmé perd son épouse, « la folle » qui avait perdue la tête. Qui pourrait se souvenir de lui à sa mort ? Continuer la lecture de « Yomeddine – Un retour aux sources dans l’Egypte d’aujourd’hui »

Heureux comme Lazzaro – Sons, lumières et magie

Au premier abord, on ne saurait dire, lorsqu’on sort de la projection du dernier long-métrage d’Alice Rohrwacher, d’où émane cette forte impression de puissance captivante et mystérieuse que le film a laissé en nous. Peut-être est-ce parce qu’il remue en nous des souvenirs d’innocence perdue : le film rappelle la beauté des contes d’autrefois.

Il était une fois alors, en Italie, dans une campagne et dans un temps reculé, un groupe de paysans exploité par la Marquise de Luna. Esclaves, ils obéissent et ne se révoltent pas. Lazzaro, jeune homme simple d’esprit et profondément charitable, est à son tour exploité par les autres paysans. Puis, il rencontre Tancredi, le fils de la Marquise, avec qui il noue une amitié qui dépassera les frontières spatio-temporelles. Continuer la lecture de « Heureux comme Lazzaro – Sons, lumières et magie »

Le Grand Bain – Plonger pour garder la tête hors de l’eau

« Il ne faut pas oublier que, le jour du déluge, ceux qui savaient nager se noyèrent aussi. » – Ramon Gomez de la Serna

Un bassin de faïence remplit d’eau chlorée, sept acteurs désabusés, bedaines et bonnets. Lellouche signe avec Le Grand Bain l’histoire de sept anti-héros magnifiques et des femmes qui les aiment, qu’elles soient leurs épouses, leurs filles ou leurs coachs.

Le film entier semble être construit sur la dualité corps/parole. En effet, là où le discours peine à verbaliser un mal-être, le corps exulte et se libère. Une fois que le corps des acteurs reprend la pesanteur de la terre dans les vestiaires ou le sauna, l’ineffable finit par se formuler en groupe. Chaque personnage semble d’ailleurs être isolé en dehors du lien social créé par la piscine. Continuer la lecture de « Le Grand Bain – Plonger pour garder la tête hors de l’eau »

Lumière 2018 – Jane Fonda, actrice engagée

Le fait que Jane Fonda reçoive le prix Lumière était assez inattendu. On était loin des pronostics – et c’était une bien belle surprise. L’écho avec l’actualité est évident : Jane Fonda est une personnalité très engagée depuis longtemps, c’est une féministe reconnue et ses choix d’actrice-productrice en atteste. Ce sont pour certains des films majeurs et profondément bouleversants : il semblait indispensable de revenir sur quelques uns d’entre eux. Continuer la lecture de « Lumière 2018 – Jane Fonda, actrice engagée »

Lumière 2018 – Alfonso Cuaròn, el mastro

Sa venue était sans doute l’un des grands événements du Festival Lumière cette année. Lion d’Or à Venise, son nouveau film acquis par Netflix a relancé de manière brutale le débat sur la chronologie des médias en France. Tourné dans un somptueux noir et blanc en 65mm, Roma est une expérience sensitive racontant une histoire universelle. Le Festival Lumière a été l’opportunité d’une rétrospective de ses films, entre le Mexique et son cinéma hollywoodien, de Y Tu Mama Tambien (2001), à Les Fils de l’Homme (2006) en passant par Gravity (2013, montré en 3D). Continuer la lecture de « Lumière 2018 – Alfonso Cuaròn, el mastro »

Lumière 2018 – Claire Denis, un cinéma qui a du mordant

Cette année, le Festival Lumière a souhaité mettre en valeur l’œuvre de la réalisatrice française Claire Denis, en partie à l’occasion de la sortie de son nouveau film High Life (en salle le mercredi 7 novembre). Dire qu’il s’agit d’une cinéaste atypique ne serait pas juste, pas plus que dire qu’elle était le quota-films de genre de cette édition – en tout cas, elle refuse cette appellation. Pourtant, difficile de ne pas y penser quand on découvre successivement High Life et son Trouble Every Day… Continuer la lecture de « Lumière 2018 – Claire Denis, un cinéma qui a du mordant »

Climax – Comme un éternel recommencement

Saisir l’apocalypse, la destruction – le chaos, et dans un même mouvement la synergie, l’esprit de le groupe. Comprendre comment cela s’articule, échoue, s’essouffle mais reprend, recommence, ne s’achève jamais. C’est notre fascination morbide envers notre propre destruction – celle de nos corps et de nos vies. Le dernier film de Gaspard Noé est la somme d’un chemin parcouru : celui d’un génie pour certains, d’un petit malin pour les autres. Force est de constater que la proposition qu’est Climax est un coup de force, le moment de rupture qui fait basculer la culture du provoquant, du sordide, dans l’ambition, la maîtrise. Derrière le mystère qu’il pratique – le synopsis du film particulièrement vague, la bande annonce obscure – Noé propose ainsi un véritable projet, concret. Pour en profiter pleinement, il faut en limiter la connaissance préalable, mais comment le comprendre sans avoir toutes les clefs d’une œuvre difficile d’accès ? Il faut reprendre l’objet et le décortiquer. Continuer la lecture de « Climax – Comme un éternel recommencement »

LYF 2018 | C’est parti : cérémonie d’ouverture vendredi 14 !

Moment fort de la scène cinématographique lyonnaise, le Festival du Film Jeune de Lyon revient pour une troisième édition. Vendredi soir, toute l’équipe de l’association LYF vous donne rendez vous à l’amphithéâtre Malraux de l’Université Lyon 3 à 18h30 pour son lancement !

Cette soirée sera l’occasion de découvrir Paul Est La (2017) de Valentina Maurel. Ce film a notamment remporté le premier prix de la Cinéfondation au Festival de Cannes 2017.

Pour réserver gratuitement votre place – ainsi que pour l’ensemble des projections du festival – rendez vous sur la page suivante :

Réservations

Puis rendez-vous le 29 septembre à 11h au Comoedia pour découvrir le palmarès de cette troisième édition !

Bon festival à tous !

Cannes 2018 – Un couteau dans le cœur : déchirante déception ?

Compétition officielle

Yann Gonzalez incarne ce renouveau du cinéma français, d’un cinéma plus personnel et esthétique, un cinéma dont le cœur balance entre les cultures underground et le cinéma expérimental. Son précédent long-métrage, Rencontres d’après minuit, était un objet unique en son genre mêlant la poésie d’un texte lyrique avec des thèmes s’articulant autour de la mort, de la sexualité, d’un désespoir profond et d’une croyance extraordinaire dans un cinéma différent. Bertrand Mandico, dont ses Garçons sauvages s’inscrit dans ce courant et a été un joli succès en salle cette année, incarne justement un réalisateur dans le film : tout se mêle, tout est lié, tout se fait écho, au sein de ce renouveau. On attendait beaucoup de ce Couteau dans le cœur, de ce qu’il oserait, tenterait, serait capable de faire. Sans doute que la compétition officielle à Cannes fragilise les films, surtout les œuvres les plus radicales. Cela expliquera sans doute une légère déception de voir que le film joue de codes convenus, assez classiques, malgré son univers personnel et la présence des ingrédients qui faisaient le sel de ses précédents projets. Continuer la lecture de « Cannes 2018 – Un couteau dans le cœur : déchirante déception ? »

Les Mauvais Gones – Les gangsters envahissent Confluence

Après une première édition très réussie (plus de 800 spectateurs sur trois jours), les Mauvais Gones reviennent au UGC Confluence les 21, 22 et 23 mars 2018 ! Proposant de véritables projections-améliorées, le festival vous propose de découvrir ou redécouvrir des films accompagnés d’animations, de spectacles, d’invités, dans des ambiances thématiques autour du film.

Cette année, vous pourrez redécouvrir Usual Suspect de Bryan Singer, Suburra de Stefano Sollima et La French de Cédric Jimenez. 

La séance est à 12€, et 9,50€ pour les étudiants.

Pour plus d’information et acheter vos places, cliquez ici !

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