Josep – L’Histoire animée

Josep, sorti en septembre dernier, est le premier film du réalisateur Aurel. La spécificité de ce long-métrage ? Il s’agit d’un film d’animation dont l’essence même est historique tandis que ses nationalités sont multiples – à savoir française, espagnole et belge – homogénéité que l’on retrouve dans les doublures des personnages qui sont aussi bien françaises qu’espagnoles, dualité du langage péremptoire.

Le synopsis de ce dessin animé aurait pu être simple : un grand-père – Serge – sur le point de mourir narre son histoire de gendarme durant l’année 1939 à son petit-fils. Mais la singularité apparait dès les premières minutes du long-métrage. En effet, 1939 ne correspond pas seulement au début de la Seconde Guerre mondiale, mais aussi, et surtout, au mois de février qui est frappé par l’exil d’espagnols Républicains vers la France, souhaitant ainsi fuir la dictature franquiste annexant le pays. Serge, ce gendarme français, victime de sa situation, ne doit pas seulement observer cette situation dramatique, mais il devient aussi contre son gré acteur de cette infamie. Parmi tous ces « rouges », le regard accablé de Serge se fixe sur des mains dansantes, créant à même le sol des représentations de visages. Josep, Républicain, mais surtout dessinateur de talent, retrouvé emprisonné loin de sa fiancée.

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El Reino – Un appel d’air pour l’ancien monde

Les films sur les politiciens ou puissants corrompus sont nombreux et abordent (presque) toujours l’ambivalence de la success story personnelle, au détriment du groupe, et de la dureté de l’impitoyable loi de la jungle qui sévit dans ce milieu. El Reino me pousse donc tout d’abord à recommander d’autres films de la même trempe qui traitent plus ou moins du même sujet : Le Loup de Wall Street (2013) de Martin Scorsese ou Il Caimano (2006) de Nanni Moretti par exemple.

Après Que Dios Nos Perdone (2017), Rodrigo Sorogoyen reprend ici son acteur fétiche, Antonio de la Torre, qui fait incroyablement le job d’incarner Manuel Lopez Vidal, self-made man de la classe politique espagnole, dauphin à la présidence de la région, régnant sur son empire politique (el reino signifiant « le royaume»), qui n’a pour motivation politique que l’enrichissement et l’accroissement de sa puissance personnelle, au profit aussi de sa femme et de sa fille. Le point de départ du film est la chute médiatique d’un cadre du parti de Lopez-Vidal. Ce dernier est à la manœuvre pour limiter la casse et empêcher que le scandale ne fasse tâche d’huile, avant de découvrir qu’il est le prochain sur la liste et qu’il va être désigné comme réel instigateur d’un système qui, pour le citer, « existait déjà du temps de mon grand-père ». Continuer la lecture de « El Reino – Un appel d’air pour l’ancien monde »