Les Filles du docteur March – Une fresque familiale réussie

Les Quatre filles du docteur March (ou Little Women en version originale) est un ouvrage majeur de la littérature « pour jeune fille » de la fin du XIXe et de tout le XXe siècle. Après une édition en poche en France assez tardive (dans les années 1950), cet ouvrage n’est plus de notre génération (nos grand-mères l’ont sûrement toutefois lu étant jeunes). Le défi alors, comme toute oeuvre artistique qui tente de réhabiliter ou de renouveler une histoire déjà connue et ancrée dans les esprits, est de faire du neuf tout en ne faisant pas trop vieilli. C’est justement quelque chose  qui était réussi dans l’adaptation récente de Perdus dans l’espace, dont nous vous parlions il y a quelques jours. Continuer la lecture de « Les Filles du docteur March – Une fresque familiale réussie »

Les Hirondelles de Kaboul – Le chant des hirondelles restées libres

Y’a-t-il déjà eu un Kaboul libre ? C’est en exergue ce qui ressort de conversations croisées au fil des Hirondelles de Kaboul, long-métrage d’animation réalisé par Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec. Un Kaboul en ruine, ravagé par la guerre, devenu le quotidien de ces familles, de ces enfants, de ces groupes d’hommes. Ces derniers s’amassent sur les places publiques pour assister – et participer – à une lapidation, devenue un spectacle de rue comme un autre. Les plus âgés se souviennent de la guerre contre l’Union Soviétique – même les plus anciens se souviennent qu’avant, c’était déjà la guerre. La paix et la liberté semblent des souvenirs lointains, un rêve entraperçu en passant devant de vieux bâtiments. Des traces ont survécu : cette librairie, ce « cinéma/théâtre », ou cette université dont on traverse les restes, comme des témoignages de ce qui a été, comme des témoignages de ce qui aurait pu être. Ce ton, ces accents que prend le film se retrouve dans son esthétique : cette peinture à l’aquarelle vient évoquer un souvenir, un trait doux où il manque quelque chose, l’espace n’est pas parfaitement rempli. Le dessin a quelque chose d’aérien. Continuer la lecture de « Les Hirondelles de Kaboul – Le chant des hirondelles restées libres »

Les passantes selon Charlotte Abranow

Ce samedi 10 mars, je tombe par hasard sur mon fil d’actualité Facebook sur le clip officiel des « Passantes » de Georges Brassens. C’était, pour ne pas dire, deux jours après la journée internationale du droit des femmes. Mais pourtant le lien entre cette journée, ou l’état d’esprit qui en ressort, et la chanson du bon vieux moustachu, ne m’a pas tout de suite percuté et tant mieux je dirais. Continuer la lecture de « Les passantes selon Charlotte Abranow »