Le rire de madame Lin – Rire encore, une dernière fois

Il ne s’y était pas trompé Wong Kar-wai en soutenant ce film dès sa projection à l’ACID, à Cannes – acte particulièrement inattendu : Zhang Tao est un jeune cinéaste chinois, dont Le rire de madame Lin est le premier long-métrage. Avec un tel parrainage, on ne pouvait être que curieux de découvrir cette œuvre atypique, sorte de quasi-Voyage à Tokyo bis, moderne et cruel.

Elle navigue de maison en maison, de chez son aîné à sa cadette, en passant par différentes nuances socio-familiales. Elle qui avait pourtant élevé autant d’enfants. Elle, si active, voit l’âge la rattraper. Cette vieille dame qui, désormais, n’est presque plus jamais en mouvement, devient une sorte de pilier, une présence, que le spectateur voit, parfois, au premier plan, parfois, dans un reflet. C’est une figure silencieuse, calme. Mais jamais, elle n’intervient dans son environnement, jamais elle n’est plus qu’une gêne inutile, comme tous les gens de son âge. C’est désormais une sorte de totem qu’on garde pour faire gage de bonne foi, de politesse. « Je m’occupe de ma (vieille) mère ». Continuer la lecture de « Le rire de madame Lin – Rire encore, une dernière fois »

ACID (1/2) : « Le plus important, c’est que les films doivent être présentés comme dans un écrin au spectateur »

Nous avions pu, lors de leur passage au Comoedia, à Lyon, le 30 septembre dernier, rencontrer l’équipe de Association pour le Cinéma Indépendant et sa Diffusion (ACID). Nous leur avons posé quelques questions pour mieux comprendre leur travail et la vision du cinéma qu’ils défendent tout au long de l’année… et à Cannes !

Bonjour à vous ! Est-ce que vous pourriez d’abord vous présenter ?

Karin Ramette : Bonjour, je m’appelle Karin Ramette, je suis en charge des actions vers le public. C’est une mission assez assez large : c’est à la fois envers les adhérents et spectateurs ACID, qui sont tenus au courant de tous les films qu’on soutient, qui peuvent être programmateur des films dans leurs salles ou qui peuvent en être des relais locaux. C’est l’animation de tout un réseau local. Je m’occupe aussi des actions en direction des jeunes publics : quelques actions avec des collégiens, mais principalement avec des lycéens et des étudiants. Même les étudiants cinéphiles n’ont parfois pas connaissance de ce cinéma indépendant qu’ont défend parce que les films sont peu diffusés. Je m’occupe aussi d’une partie de la communication et des dépliants qui accompagnent les films, J’essaie alors de réfléchir à comment interpeller le spectateur sur les thèmes qu’aborde le film. Continuer la lecture de « ACID (1/2) : « Le plus important, c’est que les films doivent être présentés comme dans un écrin au spectateur » »