Une Fille Facile – Vacances au goût amer

Sofia (Zahia Dehar) retrouve sa cousine Naïma (Mina Farid) à Cannes, le temps d’un été. Nous suivons leurs aventures, à la croisée des mondes : Naïma est une jeune fille issue d’un milieu populaire, et Sofia, dont on devine le métier d’escort girl, nage dans le milieu aisé. Lors de ces vacances, elles rencontrent deux hommes, riches, et nouent une relation avec eux.

Entrons dans le vif du sujet : j’ai passé un bon moment, j’aime le côté vintage de l’image, la musique, les sons, les paysages. La forme est belle, on se sent à Cannes : soleil, plage, soirées, cette ambiance légère qui nous a tous déjà fait tiquer – « tiens, je me sens en été ». Le choix des acteurs est judicieux et appréciable : Rebecca Zlotowski l’a soulignée elle-même, le choix de Mina Farid comme une jeune femme moins « tape à l’oeil », pas très sexualisée, qui incarne parfaitement l’image de l’adolescente « comme tout le monde »; Zahia Dehar, personnage sulfureux mais qui revendique l’acceptation de soi, de son corps, de sa liberté sexuelle. Nuno Lopes (André) et Benoît Magimel (Philippe) dont les personnages sont loin des clichés bourgeois. Continuer la lecture de « Une Fille Facile – Vacances au goût amer »

Cannes 2019 | Mektoub My Love : Intermezzo – Derrière le scandale, le film

Cet article fait partie de l’ensemble des critiques réalisées à l’occasion de la 72e édition du Festival International du Film de Cannes.

Cannes fonctionne comme une caisse de résonance : les gens sont isolés du reste du monde, et malgré les réseaux sociaux et les caméras du monde entier, c’est dans ce microcosme que macèrent les films. Les coups de cœur sont plus forts, les scandales plus sanglants. Abdellatif Kechiche savait très probablement l’effet qu’allait avoir le film, les rumeurs pré-projection s’étant avérées vraies (scène de sexe d’une vingtaine de minutes, trois heures composées d’une seule séquence de boîte de nuit). Derrière le tumulte des commentaires de personnes n’ayant pas vu le film, des échanges parfois violents entre les anti- et les pro-, des questions laissées en suspend (combien de temps a duré le tournage ? Que s’est-il réellement passé pendant celui-ci ?), il devient indispensable de parler concrètement du film, de l’œuvre telle qu’elle a été présentée au public cannois, dans toute sa puissance, sa complexité, son pouvoir autant attractif que répulsif, une expérience inédite, violente, éreintante et encore inachevée. Continuer la lecture de « Cannes 2019 | Mektoub My Love : Intermezzo – Derrière le scandale, le film »