El Reino – Un appel d’air pour l’ancien monde

Les films sur les politiciens ou puissants corrompus sont nombreux et abordent (presque) toujours l’ambivalence de la success story personnelle, au détriment du groupe, et de la dureté de l’impitoyable loi de la jungle qui sévit dans ce milieu. El Reino me pousse donc tout d’abord à recommander d’autres films de la même trempe qui traitent plus ou moins du même sujet : Le Loup de Wall Street (2013) de Martin Scorsese ou Il Caimano (2006) de Nanni Moretti par exemple.

Après Que Dios Nos Perdone (2017), Rodrigo Sorogoyen reprend ici son acteur fétiche, Antonio de la Torre, qui fait incroyablement le job d’incarner Manuel Lopez Vidal, self-made man de la classe politique espagnole, dauphin à la présidence de la région, régnant sur son empire politique (el reino signifiant « le royaume»), qui n’a pour motivation politique que l’enrichissement et l’accroissement de sa puissance personnelle, au profit aussi de sa femme et de sa fille. Le point de départ du film est la chute médiatique d’un cadre du parti de Lopez-Vidal. Ce dernier est à la manœuvre pour limiter la casse et empêcher que le scandale ne fasse tâche d’huile, avant de découvrir qu’il est le prochain sur la liste et qu’il va être désigné comme réel instigateur d’un système qui, pour le citer, « existait déjà du temps de mon grand-père ». Continuer la lecture de « El Reino – Un appel d’air pour l’ancien monde »

Cannes 2018 – Burning : ce feu intérieur qui disparaîtra

Compétition

Derrière chaque plan, Lee Chang-dong impose sa vision de l’Homme. Comme dans ses films précédents, cet Homme est oppressé, condamné à n’être qu’un substitut. Ses regrets ne suffisent pas à lui rendre la faculté de parler, il reste mutique, solitaire, isolé, réservé. À partir de là se dessine un souffle, un vent, une puissance qui s’étale sur deux heures trente. Après une introduction, la non-émergence d’un couple, le cinéaste coréen construit autre chose, un triangle amoureux, puis encore autre chose, un thriller, ou est-ce que tout ceci n’est qu’une tragédie ? Continuer la lecture de « Cannes 2018 – Burning : ce feu intérieur qui disparaîtra »