Annecy 2020 Online | Calamity – Une enfance dans le Far West

Qu’une équipe de français décide de s’emparer d’une figure de l’Histoire américaine était d’autant plus osé qu’il s’agissait aussi de se réapproprier l’esthétique propre à un genre : le western. Car oui, le Cristal du dernier Festival du Film d’Animation d’Annecy présente comme caractéristique d’en être un vrai, tout en tentant de raconter « une enfance » de Calamity Jane, comprendre une interprétation de l’enfance de celle qui était encore Martha Jane Cannary. Le deuxième film de Rémi Chayé (Tout en haut du monde) apparaît donc comme curiosité, du fait de son sujet – là où son précédent film, le réalisateur s’ancrait dans la société saint-pétersbourgeoise de la fin du XIXe siècle, Calamity installe son intrigue dans le Grand Ouest américain, sur la route de l’Oregon, dans de grandes plaines vides et montagneuses dignes d’un film de John Ford.

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[Lumière 2017] Le cinéma est mort (Jour 3)

Commencer sa journée en entendant Bertrand Tavernier parler de cinéma, c’est toujours bien la commencer. Surtout quand il s’agit de découvrir un western rare, en 35mm, choisi personnellement par le réalisateur et cinéphile lyonnais. Ainsi, Le Salaire de la violence (Gunman’s Walk, 1958) de Phil Karlson est une œuvre remarquablement en avance sur son temps. Continuer la lecture de « [Lumière 2017] Le cinéma est mort (Jour 3) »

Le Nouveau Monde

Ou ce que m’inspire la Neuxième Symphonie de Dvorak : « Le Nouveau Monde »
C’est tout un être qui renaît en moi dès les premières notes hésitantes du premier mouvement. Cet être s’envole avec le cor victorieux et les cavalcades fougueuses des cordes du Nouveau Monde, il s’apaise avec le cor alors doux et réconfortant ou s’enflamme de nouveau au moyen d’une envolée « romantique » dont Dvorak a le secret.
Si je vous dis qu’à certains passages (voire même durant l’intégralité de la symphonie) la chair de poule envahit mes bras tellement l’émotion est intense, ce ne serait assez pour exprimer ce sentiment de bonheur, de puissance, de sublime plaisir qu’on a en se délaissant à cet œuvre magnifique parmi les magnifiques.
Pour moi, la Symphonie du Nouveau Monde devrait (et ce serait un concept audacieux à étudier), être adaptée en film. Qu’on se comprenne bien, je parle de 42 minutes d’images pour 42 minutes de film, une adaptation de l’image à la musique et non de la musique à l’image. Car, rien qu’en fermant les yeux et en concentrant tout notre imaginaire sur l’écoute de cette fresque musicale, on sent le flot d’image agresser avec violence notre cerveau, passant de paysages de clair de lune à des scènes de batailles.
Pour moi, Antonin Dvorak a voulu ici raconter l’histoire d’un monde, d’un peuple, d’une civilisation en fondement. Il conte l’exploration de nouvelles terres, les nouvelles découvertes. N’oublions pas que cette symphonie fut composée au temps du Far West : une époque source d’inspiration pour tant d’artistes.
Peut-être la Neuvième Symphonie est-elle si évocatrice qu’elle en devient du cinéma d’elle même ? Peut-être arrive-t-elle à nous suggérer des « images qui bougent » plus vraies que nature dans les recoins de nos cerveaux.
Maintenant, peut-être, je l’espère, sentirez-vous chaque cellule de votre corps trembler au son du cor entonnant le thème arpégé victorieux de cette symphonie tel un mot d’ordre de son scénario : grandeur, beauté, magnificence de l’Homme, découverte, rencontres, exaltation de la Nature, …
Un Nouveau Monde (plus si nouveau) qui pourrait encore me faire parler des heures …