FFJL 2020 | Ouverture ce vendredi !

Le coup d’envoi de cette cinquième édition du Festival du Film Jeune de Lyon aura lieu à la Péniche Fargo (bas du quai Gailleton, au pied du Pont de l’Université, Lyon 2e arrdt.). L’occasion, dès 19h, de découvrir les trois films des présidentes des jurys de cette année : Massacre de Maïté Sonnet, L’Heure de l’Ours de Agnès Patron, et Clean with me (after dark) de Gabrielle Stemmer.

La projection sera suivie à 20h30 d’un cocktail et d’une brève présentation par la présidente de l’association LYF Lucie Boudin, par le directeur général du Festival Alexandre Léaud et de nos partenaires.

Séance gratuite, Réservation obligatoire sur notre site

The Nightingale – Le Chant de la vengeance

Après The Babadook, fable horrifique passée par Sundance, Jennifer Kent revient avec The Nightingale. Une œuvre autant teintée par l’horreur, mais qui présente une cruauté ancrée dans un réel si abrupte qu’elle peut rendre son visionnage très pénible. The Nightingale révolte, blesse, donne la nausée, mais son traitement vaut tous ces tourments, jusqu’au lever du soleil à la couleur chaude comme celle de l’espoir. Retour sur le deuxième long-métrage de la réalisatrice australienne, prix Jury du Festival Hallucinations Collectives.

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Never Rarely Sometimes Always – L’impossible proximité des êtres

Dans une petite ville de Pennsylvanie, Autumn, 17 ans, tombe enceinte. Seule moyen pour elle d’avorter discrètement, elle décide de se rendre à New York. La britannique Eliza Hittman, pour son premier film outre-atlantique, a véritablement créé l’événement. Never Rarely Sometimes Always parvient à lier une approche quasi-documentaire à un récit personnel, spécifique, d’englober des considérations très culturelles – très américaines, à des questionnements qui peuvent faire sens n’importe où dans le monde. Quasi-documentaire d’abord, dans sa manière de décrire la procédure de l’avortement. Tout un système administratif est ici dépeint, anonymisé mais humain – parce qu’on lui pose un visage, une voix. Très culturel en fait, quand il aborde la question du financement d’un tel système, ou quand plus prosaïquement le film installe son décor – New York, qui apparaît de manière sporadique mais évidente tout au long du film.

C’est dans sa mise en scène qu’Eliza Hittman parvient à transmettre ce que ces deux jeunes filles traversent. La violence de ce qu’elles subissent parfois sans broncher est comme souligné par la construction du film, son montage. On pense par exemple à leur rencontre dans le bus avec un jeune garçon, qui apparaît soudainement dans un gros plan par une petite tape sur l’épaule, avant d’être après quelques minutes réellement introduit dans un plan large, avec les deux jeunes filles.

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Lil Buck Real Swan – Danseur, de Memphis à la Californie

Des ghettos de Memphis aux auditoriums les plus prestigieux : c’est ainsi que peut être résumé le parcours atypique de Lil Buck, impressionnante success story mêlant talent, hasards de la vie, et une volonté qui en impose. Lil Buck Real Swan retrace aussi l’histoire d’un quartier, celui dont vient le jeune danseur afro-américain, où la précarité se mêle à la violence des gangs. La danse, le jookin, a alors été pour toute la génération à laquelle il appartient un moyen d’exprimer leurs sentiments, la violence, et se réapproprier les espaces : la rue, les parkings, seront leur terrain de jeu. Un moyen de s’en sortir, pour ceux que la caméra de Louis Wallecan prend le temps de suivre.

Il prend le temps, justement, de contextualiser l’apparition du jookin et de la culture à laquelle cette danse se rattache. C’est sûrement ce que le film parvient à faire avec le plus de souplesse, en permettant de saisir l’esprit d’une époque qui s’achève sous nos yeux avec la fermeture Crystal Palace, le club où a commencé Lil Buck. Captivant alors d’entendre un jeune jooker expliquer l’émergence de cette danse quand on sait que c’est dans la même ville que tout un pan de la musique américaine a émergé à une autre époque – celle d’Elvis Presley, celle des années 1950. D’une certaine manière, la réussite du documentaire est qu’il arrive à s’ouvrir en dessinant le portrait d’une époque révolue et de conclure en faisant celui de la nouvelle génération. L’idée de transmettre étant, d’ailleurs, centrale dans les discours des personnages – sa professeur à Lil Buck, Lil Buck en tant que professeur lui-même, la réflexion de Spike Jonze sur ce qu’est l’art…

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Été 85 – Peut-on vraiment échapper à son histoire ?

François Ozon, pour son nouveau film, adapte le roman La Danse du coucou d’Aidan Chambers, qu’il a lu durant sa jeunesse et dont il rêvait l’adaptation. C’est désormais chose faite, mais l’intrigue, prévue initialement à l’été 1984, est transposée à l’été 1985. Ce choix, étonnant, est lié à un souhait du cinéaste : intégrer une chanson de The Cure, In Between Days, ouvrant et clôturant le film. Cette chanson, que François Ozon écoutait dans son adolescence, témoigne-t-elle alors du caractère très personnel que prendrait pour lui le film ?

Durant cet été de l’année 1985, dans le Nord de la France, Alexis (Felix Lefebvre) emprunte un bateau à une connaissance et met les voiles. Tempête. Il chavire et se retrouve sauvé de justesse par David (Benjamin Voisin). De cette rencontre entre ces deux jeunes hommes, issus de classes sociales différentes, découle la naissance d’une relation particulière, une amitié de rêve, un amour de jeunesse.

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Les Parfums – Une légère note d’herbe coupée

Histoire d’une rencontre improbable, Les Parfums de Grégory Magne narre la rencontre entre un chauffeur en proie à des difficultés familiales, Guillaume Favre (interprété par Grégory Montel) et d’un célébrité de la parfumerie, Anne Walberg (Emmanuelle Devos). L’intrigue démarre assez simplement : Guillaume doit à tout prix conserver son travail s’il veut déménager et obtenir la garde alternée de sa fille unique, Léa. Son patron l’envoie conduire une cliente difficile qui a déjà renvoyé plusieurs chauffeurs, qui n’est autre que Mademoiselle Walberg. De cette rencontre improbable découlera le cheminement des personnages vers le « meilleur » d’eux-mêmes.

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Annecy 2020 Online | Calamity – Une enfance dans le Far West

Qu’une équipe de français décide de s’emparer d’une figure de l’Histoire américaine était d’autant plus osé qu’il s’agissait aussi de se réapproprier l’esthétique propre à un genre : le western. Car oui, le Cristal du dernier Festival du Film d’Animation d’Annecy présente comme caractéristique d’en être un vrai, tout en tentant de raconter « une enfance » de Calamity Jane, comprendre une interprétation de l’enfance de celle qui était encore Martha Jane Cannary. Le deuxième film de Rémi Chayé (Tout en haut du monde) apparaît donc comme curiosité, du fait de son sujet – là où son précédent film, le réalisateur s’ancrait dans la société saint-pétersbourgeoise de la fin du XIXe siècle, Calamity installe son intrigue dans le Grand Ouest américain, sur la route de l’Oregon, dans de grandes plaines vides et montagneuses dignes d’un film de John Ford.

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Annecy 2020 Online | La génération digitale

Alors qu’elle touche à sa fin, cette édition particulière du Festival d’Annecy laissera un goût amer pour beaucoup. Elle restera celle qui n’a pas eu lieu – pas réellement, en tout cas. Le choix courageux de mettre en place une solution numérique a permis malgré tout de découvrir la totalité des courts-métrages et quelques longs qui y auraient été montrés en temps normal… Il faut saluer l’exploit : ça a marché, ça a même très bien marché.

Parmi les courts-métrages, le triomphe du bulgare Theodore Ushev vient couronner un parcours exceptionnel. Sélectionné régulièrement à Annecy depuis les années 2000, son nouveau film Physique de la tristesse, dont il parlait déjà l’année dernière comme son projet le plus ambitieux, reçoit le prix de la critique internationale et le Cristal du court-métrage. Spectaculaire sur le plan visuel, Physique de la tristesse est en fait basé sur une technique jamais utilisée auparavant pour un film d’animation : l’encaustique. Il s’agit de diluer les couleurs dans de la cire d’abeille avant de s’en servir pour dessiner. Le rendu est étonnant et participe certainement à cette sensation puissante qui s’empare du spectateur pendant les presque trente minutes du film. On y perd facilement ses repères dans une structure narrative éclatée, mêlant les souvenirs – réels ou fantasmés, d’après ceux du roman dont s’inspire Ushev ou ceux du réalisateur. Une évocation mélancolique du temps, de la disparation, de la mort, du souvenir.

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Découvrez la critique de SOYEZ SYMPAS, REMBOBINEZ de Zoé RONCO, lauréate du concours de critiques 2020

L’association LYF a organisé pour la troisième année consécutive un concours de critiques ouvert à tous les jeunes de moins 28 ans et permettant à l’un d’entre eux d’intégrer le jury du prochain Festival du Film Jeune de Lyon. Le thème imposé était Planète et cinéma. Découvrez ci-dessous le texte de la lauréate de cette année, Zoé RONCO, sur le film Soyez sympas, rembobinez (Be Kind Rewind, 2008) de Michel Gondry.

Lorsque j’ai vu le thème « Planète et cinéma » , j’ai instantanément pensé à « Be Kind Rewind » de Michel Gondry, un film sorti en 2008.

L’une des thématiques traitée par ce film est sans aucun doute le cinéma : Gondry narre l’histoire d’une boutique de VHS menacée par la modernisation de l’industrie cinématographique incarnée par le DVD. Pour lutter contre la fermeture du magasin, les jeunes employés se lancent dans une suite de tournages parodiques et déjantés, jusqu’au jour où ils décident de réaliser un film original avec tous les habitants de Passaic. « Be kind rewind » s’ouvre et s’achève sur les plans de ce film, créé dans l’union et l’harmonie. Cette narration construite en anaplodiplose évoque la forme circulaire d’une planète : sa rondeur et sa douceur. Tout comme la planète Terre, « Be kind rewind » est un film qui comprend les hommes en son cœur.

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Annecy 2020 Online | En ligne, ne te découvre pas d’un fil

L’une des conséquences du confinement et de la crise sanitaire aura été, vous ne pouvez l’ignorer, l’annulation d’un grand nombre d’événements ou de festivals qui devaient se dérouler au printemps ou à l’été 2020. Le Festival d’Annecy, auquel nous nous rendons chaque année avec un plaisir intact, aurait pu être l’une des nombreuses victimes du coronavirus. Bravement, l’équipe organisatrice a pourtant tenté de proposer une offre en ligne pour remplacer le festival physique.

Cette version online est accessible à tous, sur accréditation – payante, 15€ seulement – et donne accès aux courts-métrages, à (certains) longs-métrages, aux Work-in-Progress, bref à l’ensemble de la programmation à laquelle nous aurions eu droit en temps normal. Si forcément nous regrettons de ne pas pouvoir aller plonger nos pieds dans le lac annéciens entre deux projos, nous aurons l’immense joie de découvrir les films animés sélectionnés. Parmi les avants-premières très attendues : Petit Vampire, le nouveau film de Joann Sfar (Le chat du Rabin), adapté de sa propre bande-dessinée, ou Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary de l’excellent Rémi Chayé (Tout en haut du monde). Citons aussi les nouveaux Patrick Imbert (Le Grand Méchant Renard) et Masaaki Yuasa (Lou et l’île aux sirènes, Mind Game), dont on découvrira les premières images durant le Festival. Mais c’est sur les choses qu’on ne connaît pas, dont on n’attend rien au premier abord, qu’on mise en premier. Annecy, c’est vrai, c’est d’abord le plaisir de la découverte et des surprises, et ça, on ne nous l’enlèvera pas.

Pour plus d’informations, rendez vous sur le site du Festival d’Annecy

Le Festival d’Annecy Online 2020 aura lieu du 15 au 30 juin.