J’ai perdu mon corps – Le formidable voyage d’une main

J’ai perdu mon corps, long-métrage d’animation réalisé par Jérémy Clapin, raconte l’histoire d’une main, celle de Naoufel. Séparée de lui, elle tente de le rejoindre. Pitch quelque peu étonnant, bien inhabituel, au résultat sensationnel.

En parallèle de la quête de la main, nous découvrons la vie de son propriétaire, avant leur séparation. Nous rencontrons un jeune homme dont le rêve de devenir pianiste et astronaute a été compromis : le voilà en livreur de pizzas maladroit. Son train-train quotidien est loin de le faire rêver ; jusqu’au jour où il rencontre, par le biais d’un interphone, une jeune femme. Il lui il voue alors un véritable phantasme, et va tout entreprendre pour la rencontrer.

Jérémy Clapin nous emmène avec lui dans une histoire palpitante, qui fera sourire et pleurer le spectateur. Un récit original, qui s’affranchit du cliché du « tout est bien qui finit bien ». Une fin ouverte, qui permet au spectateur d’imaginer la suite. Le long-métrage a cette qualité que l’on ne retrouve pas toujours dans les films d’animation, celle de permettre au spectateur de s’identifier à une situation qui lui apparaît réaliste : Paris, ses stations de métro, ses rats et pigeons, ses immeubles, son trafic, sa diversité culturelle… une immersion dans la ville avec des personnages tout aussi crédibles. Naoufel, c’est monsieur tout le monde, enchaînant les galères, mais dont les rêves d’enfant sont immuables.

La mélancolie est-elle aussi présente tout au long du périple de la main et de son propriétaire. Par des souvenirs lointains, plus ou moins traumatisants pour Naoufel, les sens du spectateurs entrent en éveil : un morceau de musique, la sensation du sable sur la peau, le bruit du vent et des mouches. La très belle bande originale, dont une partie revient tout au long du film, la renforce.

Bref, J’ai perdu mon corps est une histoire originale et poétique, dont la narration est très bien rythmée, permettant au spectateur de voyager pendant 1h21.

J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin. Sorti en salles le 6 novembre 2019.

Auteur : Roxanne Tour

Étudiante lyonnaise, membre de l'association LYF - Le Film Jeune de Lyon

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