Recommandations en quarantaine – Shadowz

Voilà, depuis Mardi midi nous sommes confinés chez nous. Les plus casaniers ne seront pas forcément dérangés quand d’autres vont vivre long parcours du combattant. La quarantaine et la peur étant davantage assimilés à un cinéma horrifique voir fantastique, quoi de mieux que pour passer cette épreuve qu’une liste de films « de genre » à voir. C’est l’occasion aussi pour mettre en avant la récente plateforme française « Shadowz », mise en service il y a quelques jours et qui consacre l’intégralité de son catalogue au cinéma « de genre ». Tous les films qui seront mentionnés seront bien sûr accessibles sur la plateforme. Et bien commençons cette liste qui sera composée d’une dizaine de recommandations.

La Trilogie des Morts-Vivants – États-Unis – VF & VOSTFR

La Nuit des Morts-Vivants (1968), Dawn of The Dead (1978), Le Jour des Morts-Vivants (1985) de Georges A. Romero

La Trilogie des Morts-Vivants est sûrement l’une des pierres angulaires du mythe du zombie moderne, les premiers films constituant une rupture totale dans les représentations de l’époque, avec ces morts-vivants qui passent d’esclaves à monstres cannibales, où l’origine vaudoue devient biologique, et ainsi construire un puissant commentaire social dans un style tout en retenue et sobriété. La qualité est ascendante avec un deuxième film qui se transforme en violente charge anticapitaliste pour finir avec un troisième film à la portée bien plus universelle et morale. Une série de films indispensable mais qui ne doit pas éclipser la carrière riche du cinéaste.

6 Femmes pour l’Assassin (1963) de Mario Bava – Italie – VOSTFR

Autre pays, mais tout aussi fondateur, 6 Femmes pour l’Assassin est l’un des films les plus important du « giallo », genre italien mélangeant horreur, thriller, drame et érotisme. Avec ce film, Bava inscrit dans le marbre bon nombres de codes esthétiques et symboliques du genre : le style du tueur, la représentation d’une Italie chic prenant ces racines dans La Dolce Vita de Fellini. Sûrement l’un des plus beaux films de son réalisateur, Bava livre une œuvre somptueuse visuellement grâce à une mise en scène baroque qui ne cesse d’expérimenter. Attention, la mosaïque d’influences tout comme le ton, l’écriture ou le jeu d’acteur pourrait en faire reculer plus d’un mais ça fait entièrement partie de ce sous-genre du cinéma d’exploitation italien.

Les Frissons de l’Angoisse (1977) de Dario Argento – Italie – VF & VOSTFR

Après le film fondateur, voici sûrement le meilleur de son genre. Son réalisateur Dario Argento est aussi notamment connu pour avoir réalisé le flamboyant Suspiria, souvent assimilé au « giallo » sans pourtant en être un, au contraire de Profondo Rosso. Idiotement traduit par Les Frissons de l’Angoisse, il s’agit du meilleur « giallo » jamais fait, élevant le cinéma d’Argento à son paroxysme même si on est loin du déchaînement de couleurs d’un Suspiria. Racontant une enquête et le décryptage d’une image, d’une impression, le film est un dialogue avec le Blow-Up d’Antonioni, avec lequel il va jusqu’à partager son acteur principal, mais déploie aussi tout un dispositif de mise en scène vertigineux, montrant que l’art, l’architecture et la peinture sont une des clés de son cinéma.

Halloween de John Carpenter (1978) – États-Unis – VF & VOSTFR

Ça serait presque criminel de ne pas recommander au moins un film de celui qu’on nomme « Le Maître de l’Horreur ». On va alors se tourner vers son film le plus connu, Halloween. Un film imposant où Carpenter se réapproprie son influence du western classique, livrant un cauchemar tout en sobriété, en économies de moyens, et à la gestion de l’espace folle. Il fait partie du genre du « slasher » qui se construit en opposition au « giallo » (mon dieu, tout est donc lié dans cette liste ?) : une évolution américaine où l’exubérance italienne est gommée pour livrer quelque chose de plus sec, sobre et instinctif. Un film si important que des cinéastes comme David Robert Mitchell (It Follows) ou Leigh Whannell (The Invisible Man) s’en inspire encore aujourd’hui.

Re-Animator (1985) de Stuart Gordon – États-Unis – VF & VOSTFR

Ici, on se trouve dans les terrains tortueux de la comédie-horrifique avec un film qui vaut le détour. Presque film de zombies où un chercheur réanime des cadavres à l’aide d’un produit de son invention, le film est, étonnamment, une « adaptation » d’une nouvelle du célèbre Lovecraft, Stuart Gordon s’en étant fait une spécialité après avoir adapté pas mal de ses écrits. Il construit ici un versant dégénéré du mythe Lovecraftien, déployant un rythme implacable où l’écriture et le montage ciselé se confondent, avec une mise en scène reposant sur le burlesque et des effets pratiques assez convaincants. Le film ne rechigne pas face à l’absurde et embrasse presque le grand-guignol avec un plaisir communicatif.

Génération Proteus (1977) de Donald Cammell – États-Unis – VF & VOSTFR

Petite surprise de la plateforme, Génération Proteus est un film plutôt confidentiel mais qui se révèle être une certaine curiosité. Ici on est face à un étrange film traitant de la question de l’intelligence artificielle, du corps et de ses modifications, tout en se déployant autant comme un huis-clos redoutable qu’un home invasion angoissant. Un charme de série B qui doit aussi sa force à son robot hautement inspiré du HAL de 2001 : L’Odyssée de l’Espace.

L’Opération Diabolique (1966) de John Frankenheimer – États-Unis – VF & VOSTFR

John Frankenheimer est un cinéaste qui a un peu sombré dans l’oubli mais reste néanmoins un grand réalisateur à vite redécouvrir. Cauchemar terrifiant d’un homme changeant de vie et d’identité, le film se distingue autant par une certaine sobriété qu’une expérimentions de tous les instants. Visuellement assez fou, il dévoile une profonde crise existentielle de son personnage, questionnant un mode de vie et une condition humaine à l’absurdité inquiétante. Une excellente porte d’entrée pour se lancer dans son cinéma !

Hellraiser : Le Pacte (1987) de Clive Barker – États-Unis – VF & VOSTFR

Clive Barker est connu pour être un auteur à succès dans le monde de la littérature horrifique mais il dispose aussi d’une carrière cinématographie plutôt intéressante, pleine de films charcutés mais remis au goût du jour (Cabal), avec avant tout un univers visuel et thématique fort. Hellraiser, adapté de ses propres écrits, est son premier film mais aussi une porte d’entrée intéressante où il déploie son univers fantastique très sale, sanglant et surtout à connotation masochiste importante. Un film qui ne manque pas de défauts mais qui reste assez intéressant dans sa déconstruction de la cellule familiale et la représentation du désir, questionnant au passage la condition humaine.

Shadowz est disponible ici dès maintenant. Les sept premiers jours sont offerts.

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