Le Cas Richard Jewel – Héros ou imposteur ?

Le cas Richard Jewell retrace l’histoire vraie de l’agent de sécurité, qui, lors des Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996, a trouvé un sac d’explosif et est parvenu, en donnant l’alerte, à limiter les dégâts de l’explosion. S’en suit alors un affolement médiatique et judiciaire, dans lequel le héros national devient le suspect n°1. Continuer la lecture de « Le Cas Richard Jewel – Héros ou imposteur ? »

Recommandations en quarantaine – Shadowz

Voilà, depuis Mardi midi nous sommes confinés chez nous. Les plus casaniers ne seront pas forcément dérangés quand d’autres vont vivre long parcours du combattant. La quarantaine et la peur étant davantage assimilés à un cinéma horrifique voir fantastique, quoi de mieux que pour passer cette épreuve qu’une liste de films « de genre » à voir. C’est l’occasion aussi pour mettre en avant la récente plateforme française « Shadowz », mise en service il y a quelques jours et qui consacre l’intégralité de son catalogue au cinéma « de genre ». Tous les films qui seront mentionnés seront bien sûr accessibles sur la plateforme. Et bien commençons cette liste qui sera composée d’une dizaine de recommandations. Continuer la lecture de « Recommandations en quarantaine – Shadowz »

The Invisible Man – Reflet d’une menace invisible

Leigh Whannell est un nom qui traîne depuis maintenant quelques années dans le cinéma horrifique. Connu à ses débuts comme le scénariste et comparse de James Wan, il a notamment écrit certains de ses films les plus connus : le premier Saw et les deux premiers Insidious non sans au passage scénariser le moins connu Dead Silence. C’est justement sur Insidious, au sein de la société de production BlumHouse, qu’il s’affranchit de son ami pour réaliser son premier film, Insidious : Chapitre 3, très imparfait mais qui recèle quelques scènes assez ingénieuses et assez fortes en termes horrifiques. Un exercice semble-t-il réussit car Jason Blum renouvela sa confiance en lui, le laissant écrire et réaliser le film Upgrade quelques années plus tard, « vigilante movie » régressif sous une toile de SF où un homme se laisse augmenter par une technologie pour trouver les assassins de sa femme, perdant le contrôle de son corps en échange. On y voit un Leigh Whannell bien plus à l’aise qui n’hésite pas à expérimenter des dispositifs de mise en scène notamment dans les séquences d’action et dans la représentation du corps du personnage principal.

Nous voici en ce début d’année 2020 et la sortie du troisième film de Whannell, The Invisible Man, nous dévoilant un cinéma horrifique qui a bien changé depuis le début de sa carrière. BlumHouse règne sans partage sur le cinéma indépendant horrifique américain, derrière une recette au succès qui ne se dément pas (malgré quelques critiques évidentes) jusqu’à obtenir son premier Oscar grâce à Get Out de Jordan Peele. C’est dans ce contexte qu’Universal s’est tourné vers BlumHouse pour donner un nouveau souffle à son répertoire de monstres qui ont fait son succès, et après une chaotique et catastrophique réactualisation de La Momie en 2017 qui a coûté une centaine de millions de dollars. Ici, on est proche des 7 millions, ce qui en fait l’un des films les plus cher de chez BlumHouse. Continuer la lecture de « The Invisible Man – Reflet d’une menace invisible »

J’ai perdu mon corps – Le formidable voyage d’une main

J’ai perdu mon corps, long-métrage d’animation réalisé par Jérémy Clapin, raconte l’histoire d’une main, celle de Naoufel. Séparée de lui, elle tente de le rejoindre. Pitch quelque peu étonnant, bien inhabituel, au résultat sensationnel.

En parallèle de la quête de la main, nous découvrons la vie de son propriétaire, avant leur séparation. Nous rencontrons un jeune homme dont le rêve de devenir pianiste et astronaute a été compromis : le voilà en livreur de pizzas maladroit. Son train-train quotidien est loin de le faire rêver ; jusqu’au jour où il rencontre, par le biais d’un interphone, une jeune femme. Il lui il voue alors un véritable phantasme, et va tout entreprendre pour la rencontrer. Continuer la lecture de « J’ai perdu mon corps – Le formidable voyage d’une main »

Dark Waters – Le scandale du téflon vu par Todd Haynes

Todd Haynes (CarolLoin du Paradis) est certainement l’un des grands cinéastes américains actuel à n’avoir presque jamais installé ses intrigues dans son époque. Les ancrant systématiquement dans d’autres moments de l’Histoire américaine, Dark Waters fait déjà figure d’exception en racontant l’histoire vraie de Robert Bilott, des années 1990 à nos jours. Cet avocat spécialisé dans la défense des industries chimiques s’est retrouvé à cette époque en possession de documents attestant du comportement immoral d’une grande entreprise, DuPont, et des conséquences sanitaires catastrophiques sur la population américaine et mondiale. Continuer la lecture de « Dark Waters – Le scandale du téflon vu par Todd Haynes »

Un divan à Tunis – Retour aux sources

Un divan à Tunis nous plonge dans la vie de Selma (Golshifteh Farahani), une jeune femme franco-tunisienne, qui après ses études de psychanalyse, revient s’installer à Tunis pour y monter son cabinet. Les rires moqueurs de ceux qui n’y croient pas se font écho, face à son tableau de Freud qui rappelle à certains « un frère musulman », ou lorsque est mentionné sa profession à la coiffeuse du quartier, qui ne voit pas l’intérêt d’un tel cabinet puisqu’au salon de coiffure, en plus d’avoir parlé, les clientes ressortent avec « un beau brushing ».

Seulement, au lendemain de la fuite de Ben Ali et de la Révolution, le succès de Selma est fulgurant. Les clients affluent, et parviennent à mettre des mots sur leurs maux. Toutefois, la jeune femme déchante vite et les difficultés la rattrapent : défaut d’autorisation, administration à deux vitesses, elle doit affronter les obstacles administratifs et humains, dans un pays pour lequel elle en partie étrangère, alors qu’il constitue ses racines. Continuer la lecture de « Un divan à Tunis – Retour aux sources »

La Fille au bracelet – Le quotidien, le banal

Une journée à la plage, interrompue des policiers. La jeune fille part avec eux. À la situation banale initiale se substitue l’inhabituel : l’intervention policière se passe sans le moindre problème. La Fille au bracelet est, comme tout bon film de procès, d’abord un film sur le doute, et le spectateur y est plongé presque immédiatement. Il manque d’informations pour se positionner par rapport à des personnages qu’il ne connaît pas, d’autant plus pour le personnage principal dont il ne connaît ni l’identité ni le visage : celui d’une jeune actrice, Melissa Guers, véritable révélation du film. Derrière l’affaire, Stéphane Demoustier se passionne pour la réorganisation d’un quotidien, d’une vie familiale, raffinant alors son regard sur l’intime, au cœur de son sujet. Continuer la lecture de « La Fille au bracelet – Le quotidien, le banal »

Cuban Network – Fondu au noir sur un fiasco

Le titre peut paraître bien dur, mais il reste indulgent. Pour restituer le contexte, nous parlons du dernier film d’Olivier Assayas, présenté aux festivals de Venise et de Deauville, vivement chahuté et remonté depuis. Et le problème, c’est que tout ceci se sent en voyant le produit fini. Le film retrace l’histoire de plusieurs agents du régime cubain, véritables agents doubles, qui s’enfuirent avec esclandres de l’île pour rejoindre les contre-révolutionnaires à Miami… et ainsi devenir des espions de choix pour la Havane. Continuer la lecture de « Cuban Network – Fondu au noir sur un fiasco »

Les Filles du docteur March – Une fresque familiale réussie

Les Quatre filles du docteur March (ou Little Women en version originale) est un ouvrage majeur de la littérature « pour jeune fille » de la fin du XIXe et de tout le XXe siècle. Après une édition en poche en France assez tardive (dans les années 1950), cet ouvrage n’est plus de notre génération (nos grand-mères l’ont sûrement toutefois lu étant jeunes). Le défi alors, comme toute oeuvre artistique qui tente de réhabiliter ou de renouveler une histoire déjà connue et ancrée dans les esprits, est de faire du neuf tout en ne faisant pas trop vieilli. C’est justement quelque chose  qui était réussi dans l’adaptation récente de Perdus dans l’espace, dont nous vous parlions il y a quelques jours. Continuer la lecture de « Les Filles du docteur March – Une fresque familiale réussie »

Trois aventures de Brooke – Trois tableaux, trois opportunités de la vie

Que ceux qui s’inquiétaient de l’héritage du cinéaste français Éric Rohmer se rassurent : la jeune réalisatrice chinoise Yuan Qing, après Hong Sang-soo, vient rendre hommage au maître du marivaudage cinématographique. Si vous connaissiez déjà l’esthétique rohmérienne, vous serez en terre connue. Le plaisir que l’on peut prendre à se perdre avec Xingxi, jeune chinoise voyageant seule en Malaisie, est pourtant entier. Continuer la lecture de « Trois aventures de Brooke – Trois tableaux, trois opportunités de la vie »