[Lumière 2017] – Melville, Moroder : les hommages de Lumière 2017 ! (Jour 6/7)

Nous fêtions, le 20 octobre dernier, le centenaire de la naissance de l’un des plus grands cinéaste français : Jean-Pierre Melville. Si son nom est très largement associé à celui de ses acteurs (Belmondo, Delon,…) et à un genre (le polar, dont il est le grand représentant français), on oublie parfois que ses héritiers se trouvent, pour certains, en Asie. Et oui : Melville s’exporte très bien ! On sait ainsi que les sud coréens et les hongkongais ont vu et se revendiquent parfois ouvertement de Melville. Park Chan-wook, Bong Joon-ho, John Woo – ce dernier ayant même réalisé un film-hommage, The Killer, « remake » du Samourai melvillien. Car « melvillien » est un mot qui existe. Un adjectif formidable, qui signifie qu’en France, il y a un cinéma noir. Dans ce cinéma noir, on s’habille en imperméable beige. Dans ce cinéma noir, on porte un chapeau en tout temps et même à l’intérieur. Dans ce cinéma noir, on regarde ses pieds en marchant rapidement dans les rues sombres des grandes villes. Dans ce cinéma noir, on va souvent vers la mort : une vie courte, mais intense, dédiée au crime, au jeu, aux femmes et à un rêve de vie meilleure. Continuer la lecture de « [Lumière 2017] – Melville, Moroder : les hommages de Lumière 2017 ! (Jour 6/7) »

[Lumière 2017] Friedkin, le Grandmaster ! (Jour 5)

Si Wong Kar-wai a été très discret durant sa présence à Lyon, William Friedkin, lui, ne l’a pas été (pour notre plus grand bonheur). Monologuiste hors-pair, il aura été par trois fois, au Comoedia, capable de tenir le micro sans interruption devant des salles pleines pour nous raconter l’histoire de ses chef-d’œuvre. Quel bonheur ce fut ! Accompagné par Samuel Blumenfeld, journaliste à Le Monde, n’avait guère qu’à lancer le réalisateur de L’Exorciste en une ou deux questions. Passionnant, Friedkin laissait même la possibilité aux personnes présentes dans la salle de poser des questions ! Inutile de dire qu’une présentation durait une bonne demi heure au moins… Ses films sont hors-norme, ce qu’il nous a raconté l’était aussi. C’est à se demander qu’est ce qui est vrai et qu’est ce qui est exagéré. Print the legend, comme on dit.

Continuer la lecture de « [Lumière 2017] Friedkin, le Grandmaster ! (Jour 5) »

[Lumière 2017] Mystérieux, Clouzot ? (Jour 4)

Cette année était aussi l’occasion de redécouvrir l’oeuvre d’Henri-Georges Clouzot. Réalisateur à la réputation de tyrannique, il n’en est pas moins l’un des plus grands cinéastes français de l’après guerre. Le Festival Lumière lui aura ainsi rendu hommage à l’occasion du centenaire de sa naissance et de la restauration d’un grand nombre de ses films – certains étant devenus particulièrement rares en salle. Cette rétrospective intégrale était de plus complétée par plusieurs films où Clouzot n’était que scénariste, et de quelques documentaires, directement consacrés au réalisateur (Le Scandale Clouzot de Pierre-Henri Gibert), ainsi qu’un documentaire sur la société de production La Continental (La Continental : Le mystère Greven de Claudia Collao), gérée par les allemands pendant l’occupation.

Revoir ses expérimentations pour le célèbre non-film (car jamais achevé) L’Enfer ne tombait pas dans l’oreille d’un sourd. Documentaire passionnant sur un fiasco monumental, le film dépeint à la fois la pensée d’un génie (il suffit de voir les rushs, seuls restes de cette tentative) mais aussi le pervers de la production cinématographique (Clouzot ayant eu pour ce film des moyens hors-norme : l’argent, les acteurs, la technique, le tournage avait même commencé). Il avait été, en fait, piégé par sa propre folie perfectionniste. Le cinéma, c’est aussi l’art des relations humaines, de leur gestion. Il faut avoir un sens de l’entreprise, de l’optimisation, garder un cap de socialiste même si l’on ne compte pas ses heures. Bref, que des choses que n’avait pas Clouzot. Continuer la lecture de « [Lumière 2017] Mystérieux, Clouzot ? (Jour 4) »

[Lumière 2017] Le cinéma est mort (Jour 3)

Commencer sa journée en entendant Bertrand Tavernier parler de cinéma, c’est toujours bien la commencer. Surtout quand il s’agit de découvrir un western rare, en 35mm, choisi personnellement par le réalisateur et cinéphile lyonnais. Ainsi, Le Salaire de la violence (Gunman’s Walk, 1958) de Phil Karlson est une œuvre remarquablement en avance sur son temps. Continuer la lecture de « [Lumière 2017] Le cinéma est mort (Jour 3) »