Halte – La nuit précède le chaos

L’univers du cinéaste philippin Lav Diaz est principalement un univers sombre, baignant dans un clair-obscur irréaliste, où les personnages sont traversés par la fatalité de leur condition. Celle-ci s’avère souvent sociale et politique, Lav Diaz ayant à coeur d’ancrer son cinéma dans l’Histoire de son pays et de lui trouver des échos actuels en dépit de projets pouvant, au premier abord, surprendre le spectateur non préparé. Après sa comédie musicale La Saison du Diable l’année dernière, il revient ainsi avec Halte, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs en mai dernier. Encore une fois, c’est un portrait de son pays qui se dessine tout au long de l’œuvre. Dirigé par un président fou se croyant divin, un régime autoritaire réprime son opposition par les armes et surveille sa population ravagée par une maladie mystérieuse. Le monde est plongé dans une nuit permanente comme pour marquer symboliquement la noirceur de cet avenir proche que nous montre le film. Continuer la lecture de « Halte – La nuit précède le chaos »

Clermont 2019 – Phillip Barker : La caméra, le corps, l’image

La 41e édition du Festival de courts-métrages de Clermont-Ferrand n’a pas rompu avec les valeurs militantes et sociales qui ont été le socle de sa fondation et n’a pas abandonné sa visée de diversité et de pluralisme culturel, au travers d’une programmation riche et variée. Il y a beaucoup de films, on ne peut évidemment tout voir ; entre les films « labo », les films « short in translation », les films internationaux ou les courts-métrages devenus classiques, on se retrouve vite noyé dans la large proposition de films qu’offre la semaine de festival.

Pourtant, le Festival de Clermont-Ferrand permet chaque année de découvrir des petits bijoux cinématographiques dont on n’aurait pas nécessairement soupçonné l’existence. Sauf si l’on est un fin connaisseur de ce qui se fait dans le monde en matière de courts-métrages. Clermont, en dehors des sélections officielles en compétition, c’est aussi la projection de collections de films, récents ou non. C’est ainsi qu’on peut y découvrir l’œuvre de Phillip Barker, cinéaste canadien, habitué du Festival : « Voilà exactement vingt ans que le festival international du court métrage de Clermont-Ferrand accueille mes films. C’est ce genre de soutien qui m’a toujours encouragé à continuer à faire du cinéma alternatif. » (Phillip Barker). Du cinéma alternatif oui, mais surtout du cinéma. L’artiste, qui nous a fait l’honneur d’être présent avant, pendant, et après la projection, pratique surtout la fiction expérimentale, son œuvre proposant une grande cohérence qui frappe et enchante lorsqu’on voit ses films les uns après les autres. La Collection était composée de six courts-métrages, d’une durée de 3 à 23 minutes. Continuer la lecture de « Clermont 2019 – Phillip Barker : La caméra, le corps, l’image »